Rentrée scolaire : les impayés de cantine un problème récurrent pour les municipalités

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Tonnégrande : premier service à la cantine scolaire sous le signe de la Covid-19
©Guillaume PERROT
Les enfants du 1er degré de Guyane sont retournés à l'école et nombre d'entre eux vont bénéficier de la restauration scolaire. Un service indispensable pour la bonne marche de l'éducation de la jeunesse. Il représente un coût important dans le budget communal car les impayés y sont nombreux.

Le corollaire de toute rentrée scolaire c'est la mise en place du service de restauration. Les fameuses cantines très appréciées par certains élèves et détestées par d'autres. En Guyane, ce sont des milliers d'enfants qui mangent tous les jours à la cantine. 
Un service public payant qui relève de la compétence communale sans, toutefois, être obligatoire, à Saint-Laurent-du-Maroni, il n'y en a pas par exemple. Mais la majorité des mairies assurent ce service qui a, une vraie utilité sociale. Il peut être assuré en auto gestion ou en délégation de service public.
Dès lors que les communes mettent en place la cantine, elles sont tenues d'y accueillir tout élève pour lequel le parent en a fait la demande et quelques soient les ressources du foyer. Toutefois, elles sont souvent confrontées à des problèmes d'impayés.

Un service le plus souvent déficitaire

La commune de Macouria accueille pour cette rentrée 3125 élèves dans ses 10 groupes scolaires. Il y a eu cette année 800 nouvelles inscriptions. A la cantine, ils sont donc 1775 rationnaires ce qui représente 37,6% de la population scolaire du primaire. Indépendamment de l'organisation de la fabrication et distribution des repas, les services municipaux mettent en place une grille tarifaire qui tient compte des revenus familaux. Certaines familles à faibles ressources paient un forfait minime et pourtant certaine d'entre elles ne parviennent pas toujours à s'acquitter de ce réglement.
Pour le maire, Gilles Adelson, cette problématique qui est récurrente a une incidence non négligeable sur le budget communal.

Tout au long de l'année, nous incitons les retardataires à régler en les relançant chaque mois... En réalité beaucoup d'enfants mangent sans payer mais on ne peut pas les renvoyer. Pour beaucoup c'est le seul repas équilibré de la journée...


Pour se réinscrire leurs enfants, les familles doivent avoir régler leur dette de l'année précédante. ce qui en général se fait et le même processus recommence.

La nécessité de s'adapter au contexte social

Nombre de ces personnes sont dirigées vers les services sociaux afin de les aider à trouver des solutions pour régler leur situation. Ainsi que le souligne le maire Gilles Adelson cela concerne souvent des fratries :

Il est difficile de faire des différences entre celui qui est au CE2 et l'autre en maternelle par exemple donc ils sont pas exclus et quand même reçus à la cantine...

 
A la ville de Cayenne qui accueille cette année dans 22 établissements scolaires près 9000 enfants, ils sont 5000 inscrits à la cantine. Pour la gestionnaire du service des écoles, il y a près de 1500 enfants (30%) dont les parents ne paient pas ou alors de manière irrégulière, la facture :

Il y a beaucoup d'impayés malgré les titres de recettes que nous émettons régulièrement. Parfois nous récupérons les places pour placer des enfants en liste d'attente. Mais nous restons humain malgré tout car souvent c'est le seul repas équilibré de la journée pour les enfants...


A Matoury plus de 5400 enfants sont scolarisés et 3108 mangent à la cantine. La responsable de la division scolaire évoque le sujet des impayés :

La ville de Matoury pratique les tarifs les plus bas entre 40 et 55 euros par mois. Malgré tout les impayés sont de 30 à 40% chaque année. Nous aidons ces familles en difficulté avec le service social notamment. Avec le PRE, Programme de Réussite Éducative nous faisons en sorte que les enfants aient des appuis et la cantine c'est important à ce niveau... Les enfants sont acceptés même si la cantine n'est pas réglée


Dans la commune de Rémire-Montjoly 3100 enfants ont fait leur rentrée et 2135 d'entre eux bénéficient de la restauration scolaire. En 2018/2019, il y a eu 10% d'impayés pour lesquels des titres de recettes ont été émis. 2019/2020, 11% et en 2020/2021, les impayés représentent 21%.
Il n'y a pas d'explications particulières qui justifient cette augmentation pour le moment, peut-être la crise sanitaire avance la responsable.

La crise sanitaire et ses confinements qui ont aussi contraint, les services municipaux à prévoir des procédures pour rembourser les administrés qui avaient payé d'avance plusieurs mois de restauration scolaire. A Rémire-Montjoly, les parents ont été remboursés ou ont bénéficié d'avoirs. La mairie de Matoury, sur ce point, travaille à la mise en place d'une proposition tarifaire journalière qui prendrait en compte les possibles confinements. Une formule qui, dans tous les cas, coûterait plus cher aux parents.

La problématique des impayés est une situation qui touche toutes les communes de Guyane de façon plus ou moins prégnante. Et le constat c'est qu'elle perdure voire s'accentue au fil des ans, la pression démographique se faisant de plus en plus forte.