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Petit-Saut : après 18 ans d'interdiction de circuler sur la route du barrage, vers une solution ?

La retenue de Petit-Saut, un grand projet de développement touristique pour la Guyane. Mais tout est bloqué ou presque, car la route d’accès est interdite à la circulation depuis 2001, sauf autorisation spéciale. Les choses semblent enfin bouger : les différents acteurs du dossier se mobilisent. 

Effondrement sur la route qui mène au barrage de Petit Saut © Lurent Marot
© Lurent Marot Effondrement sur la route qui mène au barrage de Petit Saut
  • Laurent Marot / S. Deie / M. Gritte / S. Chen Kio Chang / P.N
  • Publié le , mis à jour le
Voici ce qui bloque depuis dix-huit ans le projet de développement de Petit-Saut : 27 kms de route entre la Rn1 et le barrage, une route interdite à la circulation par le préfet en 2001 pour des raisons de sécurité. Construite par EDF, il y a trente ans lors du chantier du barrage, elle devait être transférée au département. En 1997, le président du conseil général, Stéphan Phinéra-Horth, donne « son accord pour ce transfert », sous réserve de travaux de réhabilitation. Mais la majorité suivante s’y oppose, jugeant insuffisants les travaux financés par EDF.


Un accès restraint qui empêche la valorisation du site

La route reste donc une piste forestière gérée par l’Onf sur le domaine privé de l’Etat. L’ONF n’a pas les moyens de l’entretenir. Sur 10 km, le revêtement est à refaire. Ici ou là, des risques d’effondrement. Pour emprunter la route, il faut une autorisation spéciale de la préfecture. Gérard Prévot est engagé depuis vingt ans dans une  association de valorisation de Petit-Saut, l’accès restreint au site est un gros obstacle au développement touristique
10 000 visiteurs par an étaient prévus au départ à Petit-Saut, on en a compté seulement un millier l’an dernier. Créée en 1999, l’association de Gérard Prévot emploie trois personnes pour l’accueil du public sur le site. Tout pourrait s’arrêter, y compris les financements européens, à cause de la route. Au fil des ans, Gérard a tout vu, tout encaissé.Dans ses archives, des écrits sur des projets enterrés, et des promesses non tenues de réouverture de la route.


Un développement touristique souhaité par la municipalité de Sinnamary

La mairie de Sinnamary milite elle aussi pour le développement des activités à Petit-Saut : Eco-tourisme, recherche scientifique, exploitation de la biomasse…c’est l’un des axes du projet d’économie bleue soutenu par le réseau Odyssea. Mais là encore, tout est gelé.
Sollicitée, la préfecture, nous a répondu par mail : Cette route est une voie de désenclavement de Saint-Elie. Elle ne peut être communale mais « nécessairement départementale ». « Elle devrait, en théorie, être transférée à la CTG . La préfecture ajoute que : les financements permettant une véritable réhabilitation de la route ne sont pas prévus... Les services de l’État ont fait des propositions, qui sont à l'étude.
La région puis la CTG avaient prévu 4 millions d’euros pour la route de Petit-Saut sur leur programmation pluriannuelle d’investissement. Un peu plus d’1 million a été investi en 2016. Le reste a financé des travaux d’urgence, sur la route de Mana. Vice présidente de la CTG chargée de l’aménagement et du transport, Isabelle Patient plaide pour un transfert de la route à la Communauté des Communes des Savanes.
Le maire de Kourou et président de la Communauté des Communes des Savanes confirme son intérêt pour cette route
Le 27 août, les partenaires du dossier se sont fédérés dans un comité d’orientation territorial. Objectif : réunir 7,8 millions d'euros, première estimation de la  remise à neuf de la route.
Le projet de la dernière chance, sous peine de voir le rêve de Petit-Saut s’évanouir dans les flots du Sinnamary.
La communauté des Savanes est candidate pour valoriser le site de Petit Saut
Le projet de valorisation de Petit Saut à Sinnamary est bloqué depuis 18 ans par le mauvais état de la route. L'axe routier est fermé depuis 2001. Ce site est exceptionnel et pourrait être une valeur ajoutée dans l'offre touristique guyanaise.


 

 
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