Programme d’échange Guyane-Belgique : Peupl’en Harmonie dresse le premier bilan d’une rencontre riche en partage

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Les membres du programme au Sourou. ©Association Peupl'en Harmonie
Du 21 au 31 mars 2022, neuf Guyanais ont fait découvrir la Guyane à un groupe de sept Belges. Ces 16 jeunes font partie d'un programme d'échange entre la Belgique et la Guyane, organisé par Peupl’en Harmonie et JAVVA. Cette première étape de l'aventure a été riche en émotions et en partage. Dans quelques semaines, les Guyanais partiront, à leur tour, à Bruxelles.

Première partie réussie ! Du 21 mars au 31 mars, sept Belges âgés de 18 à 25 ans ont découvert la Guyane. Ce séjour a été effectué dans le cadre d’un programme d’échange organisé par l’association Peupl’en Harmonie et l’organisation JAVVA (Jeunes Actifs dans le Volontariat et les Voyages Alternatifs). C’est la première partie du projet.

Du 17 mai au 26 mai, huit Guyanais qui ont reçu leurs nouveaux correspondants se rendront, à leur tour, en Belgique. Selon Alexia Philippart de Foy, coordinatrice par intérim du pôle Jeunesse de l'association, l’accueil des jeunes Belges en Guyane a été un véritable succès. "Pour certains, c’était vraiment la première fois qu’ils voyageaient", raconte-t-elle.

Les Belges en visite au centre-ville de Cayenne. ©Association Peupl'en Harmonie

Des points communs malgré les différences culturelles

La coordinatrice poursuit : "Beaucoup d’efforts ont été fournis pour s'ouvrir aux autres, ce qui n’est pas toujours simple. [Tous les participants] ont pu dépasser les différences culturelles pour se trouver des points communs propres à la jeunesse". Au cours de cette semaine, des jeunes de tout profil se sont rencontrés.

Du côté de la Guyane, il y avait des jeunes de Saint-Laurent du Maroni, de l’île-de-Cayenne, de Taluen, d’Antecume-Pata, de Pidima (à Maripasoula) ou encore de Camopi. Certains sont inscrits à l’école de la 2e chance, d’autres font partie de la maison familiale rurale de Régina et une autre est étudiante à l'Université de Guyane.

Il y a eu des grands débats - au sein même des Guyanais - qui étaient très enrichissants pour tout le monde. Certains étaient issus du littoral, d’autres du fleuve. Quand on vient du littoral, on ne connaît pas forcément le mode de vie des autres. Au-delà de ça, il y en a qui disaient vouloir vivre dans l’Hexagone, d’autres pour qui il est important de rester en Guyane pour enrichir le département.

Alexia Philippart de Foy, coordinatrice par intérim du pôle Jeunesse de Pleupl'en Harmonie

Moment d'échange entre les participants. ©Association Peupl'en Harmonie

Les jeunes originaires de la Belgique, eux, viennent tous de Bruxelles, la capitale du pays. Ils devaient être huit, mais la veille du départ, l’un des participants a remarqué que la date inscrite sur sa carte d’identité était dépassée. Il rencontrera les autres participants dans plus d'un mois, à Bruxelles.

Un participant d’origine bushinengue nous a appris à danser l’awasa. Plusieurs participants amérindiens nous ont parlé des contes traditionnels. Ils ont aussi expliqué leur mode de vie sur le fleuve. Les Belges, eux, ont montré des photos de la Belgique. Ils ont aussi fait part de leur culture et de leur expérience plus urbaine.

Alexia Philippart de Foy, coordinatrice par intérim du pôle Jeunesse de Pleupl'en Harmonie

"Agir local" et de façon collective

Pour rappel, l’objectif de cet échange est de développer le savoir-vivre de chacun, mais aussi que les participants travaillent sur leur projet de vie. Le slogan du programme est "Penser global, agir local". Lors de la première partie du dispositif, ils ont rencontré des acteurs locaux tels que l'association GADEPAM, les membres de la miellerie de Macouria ou de l’organisme Ne plus jeter. Ils ont aussi participé à des ateliers sur l’élaboration de leur projet personnel et des ateliers de réflexion sur des projets collectifs.

Une partie des participants à un atelier recyclage avec l'association Ne plus jeter. ©Association Peupl'en Harmonie

Par exemple, Silleive et Suzanne ont envie d’organiser un tournoi de foot à Régina […] pour récolter un peu d’argent afin de s’acheter quelques vêtements chauds. Tous les jeunes du Haut-Maroni se sont dit qu’à l’occasion de l’inauguration du Tukusipan de Taluen, le 1er mai, ils seront bénévoles pour aider à l’organisation.

Alexia Philippart de Foy, coordinatrice par intérim du pôle Jeunesse de Pleupl'en Harmonie
Les participants présentent leurs projets collectifs lors d'un atelier. ©Association Peupl'en Harmonie

Dans le cadre de la thématique "agir local", les 16 jeunes ont également réalisé deux mayouri au Sourou, un lieu touristique. Alors qu’ils y étaient hébergés pour deux jours, ils ont aidé les propriétaires en réalisant des travaux. "On a planté des cacaotiers, des ananas, on a travaillé la charpente d’un de leur carbet, puis on a fait pas mal de débroussaillage", raconte Alexia Philippart de Foy. Dès le 17 mai, ils poursuivront leurs actions collectives, mais à Bruxelles. Les huit participants bruxellois préparent déjà l’accueil des Guyanais.

L'équipe du programme d'échange au Sourou. Les participants et encadrants ont aidé aux travaux de charpente. Ils ont ramené et nettoyé les bois afin de les poser sur le carbet. ©Association Peupl'en Harmonie

Un échange prévu entre les peuples autochtones de Guyane et du Canada

Suite à ce succès supplémentaire, l'association Peupl'en Harmonie s'attèle à la préparation d'un nouveau prochain. "Au deuxième semestre de 2022, on va organiser un échange avec nos partenaires canadiens, entre le Québec et la Guyane", révèle Alexia Philippart de Foy. Cette fois, la thématique sera : la valorisation économique des savoir-faire traditionnels de la population autochtone de Guyane et des premières nations du Québec.

Six Guyanais, des amérindiens plus précisément, partiront en Amérique du Nord pour découvrir ce territoire. Le public visé : les jeunes adultes de 18 à 35 ans qui ont des projets touristiques et de valorisation de leur savoir-faire. Lors de la rencontre, ils découvriront le mode de vie des peuples premiers du Canada. En 2023, les Canadiens pourraient, à leur tour, venir découvrir notre département.