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Le système de cession de parcelles mis à jour dans le "quartier" Saint-Pierre à Cogneau-Lamirande

Alors que le maire de Matoury s'est décidé à porter plainte "contre X" pour mettre un frein à la marchandisation illégale de parcelles sur un terrain privé de Cogneau, Olivier Saintbertile, le président de l'association Ala-Wie Na Wan, s'est défendu d'être à la tête de ce système de cession.

Le maire de Matoury, Serge Smock, répondant aux questions des médias dans le squat de Saint-Pierre © Swann Vincent-Romney
© Swann Vincent-Romney Le maire de Matoury, Serge Smock, répondant aux questions des médias dans le squat de Saint-Pierre
  • Swann Vincent-Romney (Stagiaire) - Océlia Cartesse
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Après les allégations concernant l'éventuelle participation de l'association Ala-Wie Na Wan (voir édition du 27 juillet 2018) dans le marchandage de parcelles dans le squat de Saint-Pierre à Cogneau-Lamirande, Olivier Saintbertile, le président de l'entité associative, s'est exprimé et a réfuté toute participation à le système de cession illégal en vigueur dans la zone. Voulant clarifier la situation suite au dépôt de plainte "contre X" du maire de Matoury, Serge Smock, quant à la situation délictueuse dans laquelle se trouverait son association, Olivier Saintbertile a assuré que le but de son organisation est de veiller au cadre de vie des habitants du "quartier" Saint-Pierre :

L'association ne se focalise pas sur les passations de terrain. En revanche, nous essayons de veiller au cadre de vie des personnes. Nous n'avons pas de subventions de l'Etat et nous avons contacté la Mairie et la Communauté d'Agglomération du Centre Littoral pour faire un travail au niveau de l'entrée du terrain pour le création d'une plateforme qui permet aux camions-poubelle de faire demi-tour dans la cité. Nous avons également demandé une fontaine à eau etc ...


Concernant les allégations d'arrivée massive d'habitants en provenance de la cité Arc-en-Ciel, Olivier Saintbertile est formel : il n'y a qu'une seule famille recensée en tant que tel à Saint-Pierre. Il affirme également avoir rendu visite à la famille en question avec l'un des représentants des propriétaires du terrain pour s'assurer que l'installation des nouveaux arrivants se fasse dans le cadre des délimitations territoriales convenues entre l'association et les propriétaires :

Il n'y a qu'une famille dans le quartier qui est reconnue par le bureau tout entier. Nous avons fait une visite avec Monsieur Jérôme qui est l'un des représentants des propriétaires. On a une limite à ne pas dépasser en fait qui a été fixée par l'association et les propriétaires. Cette limite, on y veille au quotidien et jusqu'à présent, nous n'avons pas de personnes qui s'installent hors zone.


Pour Olivier Saintbertile, l'association Ala-Wie Na Wan est la bête noire de la collectivité du fait de son rôle de premier rempart entre la population et les autorités. D'ailleurs, cinq ans après l'installation des premières bâtisses sur le terrain, les habitants du squat de Saint-Pierre ne se comptent plus par centaines, mais par milliers.
 

Un système de recensement par cotisations


Pour permettre aux occupants sans titre d'avoir un "statut" dans le quartier Saint-Pierre, l'association Ala-Wie Na Wan a mis en place un système de cotisation mensuel. Les adhérents disposent alors d'une carte sur laquelle différentes informations sur la parcelle qu'ils occupent apparaissent.
 
Une carte d'adhérant à l'association Ala-Wie Na Wan © Océlia Cartesse
© Océlia Cartesse Une carte d'adhérant à l'association Ala-Wie Na Wan

Pour l'heure, nous ne savons pas ce qu'il advient de ces cotisations si on considère le nombre important d'individus présents dans le "quartier". Ces cartes d'adhérents feraient ensuite l'objet d'un commerce interne, comme l'explique un habitant du squat à la journaliste de Guyane la 1ère Océlia Cartesse :

On fonctionne avec le bouche à oreille. Moi j'ai une parcelle, je peux te la vendre. Tu viens me voir et puis voilà. Je suis occupant donc sans renseigner le président de l'association, je fais directement ce que j'ai à faire avec la personne. Moi, si je vends ma parcelle, je délègue la carte à la personne à qui je la vends pour qu'elle puisse prouver qu'elle est installée plus ou moins légalement.


Un marché qui se révèle très lucratif


Un véritable marché sous-terrain existe dans le squat de Saint-Pierre entre occupants occupants sans titre. Différents critères définissent le prix des parcelles qui sont cédées successivement sur ce terrain qui, rappelons-le, est privé :

C'est la personne qui fixe son prix. Après si la personne accepte, tant mieux.On peut le vendre 5 000 euros, 6 000 euros [..] ou même 500 euros ou 600 euros. En fonction des moyens de la personne et de son budget, elle accepte ou non.


L'habitant a également concédé que certains terrains, aux abords de la route de Cogneau-Lamirande, peuvent coûter jusqu'à 10 000 euros. Des chiffres non-négligeables qui témoignent d'une certaine impunité dans le squat de Saint-Pierre qui semble déconnecté de toute contraintes administratives étatiques.

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