[VIDEO] L'accès aux soins en question : l'exemple du petit Aliwey surnommé par les personnels de santé "le petit courageux"

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Comment se soigner quand on est loin des infrastructures ? C’est toute la problématique que rencontre depuis un an une famille dont l'un des enfants est atteint d’un cancer. La prise en charge, l’accompagnement et l’éloignement autant de paramètres à prendre en compte pour espérer s’en sortir.

Débarcadère Iracoubo
Débarcadère Iracoubo avec en arrière plan le pont ©HD

Bellevue est un petit village amérindien situé à 180 kilomètres de Cayenne, à Iracoubo. Le 16 septembre 2021, la vie de famille de Victor et Merline bascule. Aliwey, 4 ans, ne se sent pas bien.

J’appelle le Samu pour dire que mon fils est malade. Il est vraiment malade. Il fait 40° de fièvre. J’ai demandé au Samu de venir le chercher ils ont refusé(…)J’ai laissé mes enfants et mon mari, du jour au lendemain, pour aller en France, sans comprendre et qu’on te dise qu’il faut absolument partir pour accompagner l’enfant en soins. 

Merline Mac-Intosch mère d’Aliwey

C’est un oncle en l’absence du père au travail à Saint-Laurent qui remplace le Samu. De Kourou, Aliwey est transféré à Cayenne où on lui diagnostique un cancer du sang. Il doit partir pour Paris. Un an plus tard, Victor, le père ne maîtrise toujours pas ses émotions. Merline, partira vers l'hexagone pour la première fois de sa vie. Pendant deux mois, elle restera au chevet de son fils.

Les cinq mois suivants seront moins difficiles, la famille est soutenue par les associations d’aide aux personnes atteintes du cancer. Mais depuis le retour d’Aliwey, il faut équiper la maison pour un malade. Pendant les 20 jours séparant les deux informations, le couple ne sait plus où donner de la tête.

Des soins deux fois par mois

Centre hospitalier de Kourou
©Jean-Gilles Assard

Reste à gérer les soins. Tous les 15 jours, il faut partir à Kourou pour des analyses et tous les mois à Cayenne pour de la chimiothérapie ou d’autres traitements

Accueilli par le corps médical Aliwey fait preuve de sérénité. Il est surnommé dans le service le petit courageux. Depuis le mois d’avril, la famille se répartit la tâche pour favoriser ses soins. "Les familles éloignées" n’ont pas le choix reconnait le docteur Benjamin Faivre.

C’est toujours mieux d’être proche d’une structure de santé. C’est un projet d’essayer de permettre la démographie médicale dans toute la Guyane.

Docteur Benjamin Faivre Responsable de l’hôpital de Jour du Centre Hospitalier de Cayenne

Un vaste défi loin d’être relevé...En attendant, le calvaire se poursuit pour la famille, obligée de faire de longs trajets en voiture, pour suivre les lourds traitements imposés par la maladie. Mais le plus important pour eux : Aliwey va mieux.