La récolte tardive et les intempéries épuisent la richesse en sucre des cannes

Récolte en cours à Gardel
Un titre qui résume en quelques mots le nouveau nœud du problème qui se pose en ce moment à la récolte 2024. L'usine constate une baisse de la richesse en sucre des cannes jamais atteinte auparavant et s'interroge sur l'intérêt de poursuivre la récolte. Un intérêt évident pour les planteurs qui souhaitent que toutes les cannes soient coupées. La décision dépendra des constats que les bassins établiront en fin de semaine.

À première vue, rien ne peut justifier les inquiétudes actuelles qui s'expriment de plus en plus ouvertement. Rien puisque les planteurs continuent de livrer leurs cannes à Gardel, grossissant régulièrement le tas de cannes qui sera immédiatement traité par les machines de l'usine.

Pourtant, l'inquiétude est ailleurs, à l'intérieur même des cannes qui sont livrées à l'usine. Progressivement, le taux de sucre qu'elles contiennent diminue. Et la production s'en trouve impactée.

©Guadeloupe

L'usinier a donc écrit aux planteurs de l'intersyndicale pour souligner cette situation qu'il estime être préjudiciable s'il faut aller jusqu'à la fin du mois de juillet. Arguments chiffrés à l'appui, il met en exergue les comparaisons chiffrées qui soulignent les raisons de son pessimisme.

Livraison de cannes à Gardel

Dans ce jeu-là, bien que tous tirent leur rémunération du broyage des cannes livrées et de leur transformation en sucre, tous n'ont pas la même analyse quant à la suite qu'il convient de donner aujourd'hui à une récolte particulièrement perturbée. 
En l'occurrence, les planteurs souhaitent aller jusqu'au bout et couper toutes leurs cannes

©Guadeloupe

Ce jeudi, les différents bassins de l'archipel dresseront le bilan de leur potentiel. Il sera alors temps pour les partenaires institutionnels et professionnels de décider de la poursuite ou de la fin de la récolte 2024. Peut-être d'ailleurs la dernière dans les conditions actuelles de partenariat entre l'usine et les planteurs.
Le dernier bras de fer entre les deux parties, arbitré par la Préfecture, la DAF, la Région et le Département, a conclu à la nécessité d'ouvrir des discussions sur une mise à jour des procédures qui régissent depuis plusieurs décennies le fonctionnement de la filière.

Coupe de cannes dans un champ du Moule

Des discussions qui devront se tenir largement en amont de la récolte 2025 pour que rien ne vienne l'impacter d'une manière ou d'une autre.