12 enlèvements en moins de 24 heures en Haïti

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Croix de Bouquets Haïti
Croix-des-bouquets, le quartier où les sept religieux ont été enlevés dimanche 11 avril 2021. ©R.S

Les enlèvements s'intensifient en Haïti où les gangs sévissent en toute impunité. Ce dernier week-end, douze personnes ont été kidnappées, dont sept religieux catholiques qui se rendaient à l'installation d'un nouveau prêtre.

Il ne se passe plus de jour sans nouvel enlèvement à Port-au-Prince. Les médias locaux relatent régulièrement des faits sordides. De nombreux haïtiens dénoncent l'inaction, ou l'impuissance c'est selon, de la police. Des gangs écument des quartiers sans être inquiétés, circulent armés en toute impunité. En février dernier, une évasion spectaculaire a eu lieu à la prison de Croix-des-Bouquets, le quartier où ont été enlevés les sept religieux dimanche. Depuis, des centaines de détenus sont toujours dans la nature.

Le groupe de sept religieux - quatre prêtres et une religieuse Haïtiens et deux Français - se rendaient hier matin (dimanche 11 avril 2021), à l'installation d'un nouveau curé quand ils ont été kidnappés à la Croix-des-Bouquets, près de la capitale.

Les ravisseurs exigent une rançon d’un million d’euros pour les libérer. La police soupçonne un gang armé, appelé "400 Mawozo", très actif dans le secteur où l'enlèvement s'est produit.

Une situation de plus en plus dégradée

 

Ces derniers mois, les enlèvements contre rançon ont connu une recrudescence dans la capitale Port-au-Prince comme en province, signe de l'emprise grandissante des gangs armés sur le territoire haïtien.

Les bandits n’hésitent pas à affronter ouvertement les forces de l’ordre, parfois attirées dans des guet-apens.

Il y a à peine quelques semaines, en mars, le pouvoir exécutif haïtien avait décrété l'état d'urgence pour un mois dans certains quartiers de la capitale et une région de province afin de "restaurer l'autorité de l'État" dans des zones contrôlées par des gangs.

Le père Michel Briand déjà agressé en 2015

 

L’un des religieux enlevés est le père Michel Briand installé en Haïti depuis plus de 30 ans.

Il avait été blessé par balles en 2015 à Port-au-Prince alors qu’il sortait d’une banque. Soigné d’abord à Port-au-Prince, puis au CHU de Martinique, il a ensuite effectué sa convalescence en Bretagne. Nos confrères de Ouest-France, qui l’ont alors rencontré, évoquent un religieux très engagé dans sa mission.

La Conférence des évêques de France et la Conférence des Religieux et Religieuses de France ont appelé les ravisseurs à libérer les hommes et les femmes de paix qu'ils ont enlevés et "ne pas ajouter encore de la haine là où se trouvent déjà la pauvreté et l'insécurité".

Une enquête a été ouverte à Paris pour "enlèvement et séquestration en bande organisée" après le rapt de deux ressortissants français parmi sept religieux catholiques hier en Haïti. Elle a été confiée à l 'OCLCO, organisme compétent pour les crimes commis à l'étranger envers des citoyens français.