"Nous sommes victimes d'un lynchage médiatique parce que ce jeune homme est le fils d'un élu" (Raphaël Séminor)

polémique
Raphaël Séminor
Raphaël Séminor, conseiller général de Fort de France (25 juin 2015) ©Capture d'écran YT
Lors de la dernière plénière du Conseil Général (25 juin), le conseiller général de Fort de France, Raphaël Séminor s'est exprimé sur la douleur qui frappe sa famille après la révélation du nom de son fils impliqué dans une affaire de trafic international de drogue.
Raphaël Séminor est conseiller général du canton 2 de Fort de France et président de la commission finance de la Collectivité. Ce mercredi 25 juin 2015, jour d'une plénière, c'est un homme profondément touché qui tient à s'exprimer devant ses collègues et à adresser un message fort au public et en particulier aux médias.

"Vous savez que je rencontre une difficulté personnelle mais qui a des accents politiques. C'est pour cela que je me permets d'évoquer cela ici. Mon fils aîné a été interpellé il y a une quinzaine de jours dans le cadre de l'instruction d'un dossier concernant un trafic de stupéfiants. Nous ne connaissons pas pour l'instant, son niveau exact d'implication dans cette affaire. Cependant, aux dires du juge qui instruit ce dossier, il serait une petite main et ne serait retenu que pour les besoins de l'enquête. Nous en saurons plus certainement dans quelques semaines.

Atmosphère grave dans la salle

Xenio, mon fils, est un jeune homme de 30 ans"... (Raphaël Séminor s'étrangle de douleur... il n'arrive plus à parler pendant plusieurs secondes. La salle du Conseil Général est absolument silencieuse... Raphaël Séminor veut aller au bout de son propos. "Excusez-moi, je suis en train de craquer un peu...donc Xenio est un jeune homme de 30 ans qui travaille, il a une compagne, deux enfants dont un garçon de cinq ans qui vit avec lui. Il est donc complètement indépendant de ses parents que nous sommes. Et ce depuis plusieurs années.

Cette affaire a bouleversé notre famille et notre entourage. Depuis qu'elle a éclaté, nous ne dormons que très peu et nous sommes envahis d'une douleur et d'une souffrance que l'on peut facilement imaginer. Nous n'étions pas prêts à vivre une telle difficulté. Cela a été une véritable déflagration et un drame familial et humain dont nous ne sommes probablement pas prêts de nous relever. Si Xénio a commis une faute, nous concevons parfaitement qu'il paie sa dette à hauteur de son niveau d'implication. Cependant, nous ne voulons pas qu'il ait à payer plus qu'il ne faut. Un prix qui ne correspondrait pas à son niveau de responsabilité.

"Un site web nauséabond"...

Ici je m'adresse aux médias. Nous avons été victimes d'un lynchage médiatique essentiellement parce que ce jeune homme est le fils d'un élu. C'est parti d'un site web nauséabond, que nous connaissons tous ici. Certains d'entre vous (les élus, NDLR) en ont été victimes. Il s'agit de Bondamanjak. Pendant de longs jours, ce média ne nous a pas lâché, distillant son venin, prononçant des contrevérités. Il s'est d'ailleurs trompé dans son désir de nuire puisque Letchimy et René-Corail ont été victimes de ça alors qu'ils n'avaient rien à voir dans ces affaires évoquées par ce site web.

Mais le pire est qu'il a exercé une pression permanente sur les grands médias, les accusant de protéger mon fils parce que c'est le fils d'un élu, réclamant que son nom apparaisse au grand jour. Ces médias ont fini par céder, enfreignant les règles les plus élémentaires de la déontologie qui veulent qu'un mis en examen est présumé innocent et surtout qu'il s'agit d'un jeune de notre pays qui a probablement commis une erreur. La première de sa vie", dit le père en larmes...."Ils l'ont jeté aux chiens...prenant le risque de lui infliger une double peine et un préjudice définitif et irrévocable, essentiellement pour des raisons de recherche de buzz de l'information et des raisons politiques.

"On ne fait pas de politique en exploitant la souffrance d'une famille"


À travers moi, c'est mon parti qui est visé, le rassemblement auquel j'appartiens et le leader du mouvement. On ne fait pas de politique en exploitant la souffrance d'une famille. Nous sommes à terre. Nous vivons un moment extrêmement difficile. Il faut savoir que derrière un élu, il y a un homme avec toute sa dimension humaine et surtout il y a une famille qui parfois n'a rien à voir avec les combats politiques. Ce qu'il nous est arrivé, peut arriver à n'importe qui. Nul n'est à l'abri, quel que soit son niveau social.

Nos jeunes sont confrontés aux produits illicites et aux produits stupéfiants et parfois ils ne résistent pas. Je dis donc aux médias, qu'ils peuvent détruire des vies, juste pour faire le buzz. Rappelez-vous du discours de François Mitterrand lors des funérailles de Pierre Beregovoy. Je dis aux médias que leur responsabilité est grande et qu'il ne faut pas l'oublier. Enfin, je remercie les auteurs des très nombreux messages de soutien reçus...des coups de fils ou des sms. Je remercie aussi le cabinet de la présidente du Conseil Général". Voici la vidéo de cette intervention enregistrée par  zouk tv.