Les habitants n'en peuvent plus du gaz irritant qui empeste leur atmosphère

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Algues sargasses
Algues Sargasses au Robert ©Martinique 1ère
Les autorités minimisent l'impact des algues sargasses en décomposition sur la santé des habitants de Martinique. Pourtant des exemples internationaux prouvent qu'il est urgent d'agir. (Re)voir le dossier du journal télévisé de ce lundi soir (27 juillet).
Voici presque deux ans que les algues sargasses envahissent nos côtes. Depuis début 2014, leur flot est continu. Sur les rivages, les habitants n'en peuvent plus du gaz irritant qui empeste leur atmosphère. Métaux oxydés, électroménager en panne, mais surtout problèmes de santé en rafale. Jusqu'à présent, les autorités minimisent cet impact sur la santé.

Sargasses et santé : des analyses attendues

Les recherches abondent sur l'exposition aux hautes doses d'hydrogène sulfuré, mais nous en savons beaucoup moins sur l'exposition prolongée aux doses faibles. L'ARS (Agence Régionale de Santé) a commandé des études. A ce jour pas de résultat. En Guadeloupe, un scientifique a travaillé pendant 28 ans sur la Soufrière, dont les fumerolles dégagent le même gaz, à un niveau bien plus élevé. Il a développé une maladie professionnelle respiratoire...
 
Une exposition de plusieurs années à de faibles doses peut-elle avoir les mêmes effets qu'une exposition courte à des doses élevées ? C'est toute la question. Une petite phrase dans un rapport ministériel à de quoi inquiéter. "Pour une concentration de 1300 ppm pendant dix minutes, les rats présentent des lésions de la cornée. Des lésions identiques sont mises en évidence pour une exposition de trois heures, à 54 ppm", écrivent les auteurs du rapport.

Une faible exposition doit être évitée...

Aux États-Unis, l'exposition chronique à faible dose est davantage étudiée, notamment près des puits de pétrole. Elle relève entre autres des dommages neurologiques, baisse des capacités cognitives, problème de mémoire, d'équilibre, troubles de l'humeur. Les conclusions sont en général sans ambages : même à faible dose, l'exposition à l'hydrogène sulfuré doit être évitée.

Au Robert, le docteur Verneuil a écrit aux autorités depuis déjà un an...en vain. Il estime que ses patients sont traités comme des cobayes. Dommages à long terme ou pas, peut-on encore considérer qu'un asthme, une pharyngite ou une irritation occulaire est un problème mineur...lorsqu'il dure deux ans ? Les sargasses n'ont pas l'air de s'en aller et il faudra bien trouver une solution à cette crise sanitaire.