Serge Letchimy refuse la démission de Catherine Conconne

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Catherine Conconne
Catherine Conconne, ancienne première vice-présidente du Conseil Régional de Martinique, membre du comité directeur du PPM (Parti Progressiste Martiniquais) ©FB C. Conconne
Serge Letchimy exprime son entier soutien à Catherine Conconne, sa première vice-présidente dans ce qu’il qualifie d’affaire privée, mais lui retire ses délégations de signatures en attendant la fin de la procédure la concernant. L'opposition parle "d'enfumage".
Les courriers datent tous du même jour, aujourd’hui (3 août) preuve que pendant ce week-end l’état major du Conseil Régional a travaillé pour gérer la crise. Dans le premier courrier Catherine Conconne explique son affaire, qui n’est finalement pas celle des présumés détournement de fonds publics de 2014.
 
Il s’agit dans son cas, d’une affaire antérieure, remontant à 7 ans plus tôt : un prêt de 15 000,00 euros, provenant de la société des vedettes Madinina, pour un magasin de chaussures qu’elle tenait. À cette époque également le directeur des vedettes Madinina était son actuel compagnon, Éric Mongérand. Catherine Conconne est donc mise en examen pour recel d’abus de bien sociaux.
 

La démission de Catherine Conconne est refusée par le président

La première vice-présidente de la région a présenté ce lundi (3 août) sa démission à Serge Letchimy qui l’a refusé. Catherine Conconne reste 1ère vice-présidente de la région, mais sans le pouvoir de délégation qu’elle était, jusqu’ici, seule à exercer. Le président de la région, qui est aussi président du Parti Progressiste Martiniquais, décidera de la présence de Catherine Conconne sur la liste des élections de décembre prochain, en fonction du résultat de l’enquête.
 

Le Conseil Général refuse tout commentaire...

Quand à l’autre affaire, celle des deux anciens gérants des vedettes Madinina, visés par l’accusation de détournement de fonds publics, elle porte sur des subventions du département. Depuis vendredi, le Conseil Général refuse tout commentaire dans un dossier qui concerne pourtant 300 000 euros d’argent public.
 

"Enfumage" déclare l'opposition

Selon Daniel Marie-Sainte, chef du groupe des patriotes et sympathisants au Conseil Régional, "le président du Conseil régional n'a pas qualité pour accepter ou refuser la démission volontaire d'un conseiller régional. Selon les dispositions du Code général des Collectivités Territoriales, il a l'obligation de transmettre la lettre de démission au Préfet afin que celui-ci désigne le remplaçant. C'est ce qui s'est passé lorsque Didier Laguerre ou Maurice Antiste ont démissionné du Conseil Régional. J'en conclus que si l'actuel président du Conseil Régional n'a pas transmis la lettre de démission au préfet, c'est qu'il  s'agit d'une fausse démission, donc de "l'en fumage".

"S'agissant du retrait de la délégation de signature, Cela relève du pouvoir discrétionnaire du président. Nous interprétons cela comme étant, si cela est vrai, comme une perte de confiance en sa collègue !
Nous n'avons d'autres commentaires à faire pour l'instant sur cette affaire qui n'est qu'à ses débuts. Nous restons attentifs, sans nous faire trop d'illusion" , 
conclut Daniel Marie-Sainte.
 

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