Les Cubains découvrent le tourisme sur leur île

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Plage Esmeralda, Guardalavaca (Cuba)
Plage Esmeralda, Guardalavaca (Cuba) ©PETER ZIMMERMANN / ZB / PICTURE-ALLIANCE/AFP
Pendant les vacances du mois d’août, les Cubains, qui n'avaient pas le droit de fréquenter les hôtels, ont fait du tourisme chez eux. Ils se sont rendus en masse dans les complexes touristiques, comme pour en profiter avant que l’afflux d’Américains ne fasse monter les prix.
Des touristes qui se détendent sur une plage de rêve : une image presque banale dans la plupart des pays de la Caraïbe. À Varadero, la station balnéaire de Cuba, les canadiens sont des clients assidus, ainsi que les espagnols, les habitants d’Amérique Latine, et demain, les Américains qui sont attendus par milliers  à Cuba dans les prochains mois. Mais pendant les vacances d’août, les touristes c’étaient les Cubains eux-mêmes : ils se sont rendus en masse dans les complexes touristiques, comme pour en profiter avant que l’afflux d’Américains ne fasse monter les prix.
 

Une législation assouplie

Jusqu’en 2009, les Cubains n’avaient pas le droit de fréquenter les hôtels, réservés aux touristes. Depuis que la loi a changé, le groupe Espagnol Melia International, qui gère 27 établissements à Cuba, a enregistré un boum dans la fréquentation des autochtones. Et le plus surprenant pour les dirigeants de ce groupe, c’est que ce ne sont pas seulement les établissements plus abordables qui en profitent, mais aussi les hôtels de catégorie plus élevée. Le coût d’un séjour dans ces établissements reste hors de portée de la majorité des habitants de l'île qui gagnent moins de 25 dollars par mois. Et même si les hôtels de Varadero proposent des tarifs spéciaux aux Cubains pendant la basse saison touristique, beaucoup ont dû économiser pendant plus d’un an pour payer l'hôtel tout compris à 50 $ par nuit, le prix accordé aux résidents.
 

Les effets de la normalisation

Mais c’est surtout deux décisions politiques qui ont crée des opportunités pour la population : l’autorisation de recevoir de l’argent de leur famille depuis les États-Unis, et surtout le droit d’entreprendre dans le secteur privé, ce qui a dopé le pouvoir d’achat de nombreux Cubains. Les petits entrepreneurs, les "cuentapropistas" comme on les appelle à Cuba, ont gagné de l’argent dans de petits métiers jusque là interdits ; même en reversant des royalties importantes à l’État, ces activités restent rentables et apportent des revenus nouveaux à de nombreux Cubains.
 

L’essor attendu du tourisme

Pour Cuba, le boum viendra de l’arrivée prévue de milliers de touristes, dès que la normalisation avec les états-Unis permettra à des milliers d’Américains de voyager vers Cuba. Déjà, d’ici à la fin de l’année les prévisions portent sur 150 mille touristes en provenance des USA. Ils s’ajouteront aux milliers de visiteurs venus d’Europe, du Canada et d’Amérique Latine. Les autorités Cubaines ont déjà démarré des campagnes de promotion touristique dans les pays émetteurs, et l’apprentissage de l’Anglais sera une priorité cette année dans les écoles Cubaines !