Les États-Unis et l’Europe dénoncent le non-respect des droits de l'homme à Sainte-Lucie

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Sainte-Lucie
Scène d'arrestation à Sainte-Lucie ©Martinique 1ère
Les États-Unis, l'Union Européenne, la France et la Grande Bretagne menacent de sanctionner Sainte Lucie si les personnes reconnues coupable de crimes ne sont pas jugées et punies.
En 2015, un rapport a affirmé qu’entre 2010 et 2011, 12 personnes avaient été assassinées par la police Sainte-Lucienne. Les victimes seraient les leaders des gangs, "liquidés" afin de maîtriser la criminalité galopante menaçant la sécurité nationale et l’industrie touristique. L’enquête sur cette affaire a été menée par les officiers Jamaïcains nommés par la CARICOM, (Communauté Caribéenne) et son Agence pour Crime et Sécurité, IMPACS. Le contenu du rapport n’a jamais été rendu public.

Depuis ces assassinats, Washington a imposé des sanctions à Sainte Lucie. Les États-Unis ne fournissent plus d’armes, de munitions et d’uniformes aux forces de l’ordre Sainte Lucienne. Le pays est exclu des exercices militaires organisés par les américains dans la région. Les demandes de visas américains déposées par les policiers de Sainte-Lucie sont systématiquement refusées.  

Washington accuse les autorités Sainte Luciennes  de laxisme

Aujourd’hui, l’Union Européenne, la France et la Grande Bretagne menacent à leur tour de sanctionner Sainte-Lucie si les recommandations du rapport ne sont pas appliquées, notamment la mise en examen de ceux qui auraient commandités et exécutés des assassinats. Hier (Jeudi 14 janvier), Mikael Barfod, le chef de la délégation de l’Union Européenne dans la Caraïbe, Victoria Dean, le représentant de la Grande Bretagne à Sainte-Lucie et Eric de Moussaye, l’Ambassadeur de France à l’OECS ont rencontré le premier ministre de Sainte-Lucie, Kenny Anthony. A l’issue de cette réunion, les européens ont affirmé que le premier ministre leur a donné des assurances. Que d’ici au mois d'avril  un nouveau commissaire sera nommé ainsi qu’un nouveau procureur et un adjoint. De surcroît, des mesures seront prises concernant les recommandations du rapport. 

Seul bémol, le rapport avait déjà été transmis à l’ancien Procureur de Sainte-Lucie, Victoria Charles-Clarke. En novembre dernier, elle a déclaré que le document ne concordait pas avec les lois de son pays. Il ne contenait que des opinions, des allégations et des recommandations qui selon la loi, ne constituent pas des preuves. Le Procureur a affirmé qu’elle n’a jamais reçu les dossiers des enquêteurs. Il était donc impossible de procéder à des mises en examen.

Forte pression sur les autorités locales

Lors de la rencontre avec Kenny Anthony, les représentants européens ont également cité les défaillances du système judiciaire de Sainte-Lucie. Les tribunaux cumulent un arriéré de procès en attente considérable et ce problème concerne notamment des ressortissants Européens. L’enquête sur l’homicide d’Oliver Gobat, hôtelier britannique à Saint-Lucie, perpétré en 2014 n’avance pas. Pas plus que le procès d’Eric Sommer, un français accusé d’homicide en 2012, n’a toujours pas eu lieu.

Washington a appuyé cette visite européenne en publiant une déclaration sur le site web de l’Ambassade des États Unis à Barbade. Les américains ont salué les nouvelles lois de Sainte-Lucie pour encadrer l’utilisation de la force par les policiers et la participation des officiers dans des formations sur les droits de l’homme. Mais ces mesures sont jugées insuffisantes par Washington qui demande que les responsables des assassinats soient mis en examen. 

L’Europe a également posé ses conditions. Si le délai pour nommer un nouveau commissaire et un nouveau procureur n’est pas respecté, les investisseurs et les touristes européens seront informés du dysfonctionnement du système judiciaire de Sainte-Lucie. La délégation européenne a prévu de rencontrer l’opposition Sainte-Lucienne, au pouvoir en 2010, au moment des faits.