À la Jamaïque, des enseignants vont au-delà de leurs devoirs

Un enseignant écrit les leçons du jour sur un tableau communautaire.
Dans des quartiers difficiles de la capitale, dans des communes rurales éloignées des villes, des enseignants ont trouvé des solutions pour assurer la scolarisation des élèves pendant l’épidémie de coronavirus. Sans ce dévouement, des élèves auraient déjà abandonnés l’école.   
 
Taneka McKoy Phipps est enseignante à Union Gardens Infant School dans les quartiers difficiles à l’ouest de la capitale de la Jamaïque, Kingston.

Toutes les écoles sont fermées à cause de la COVID19. Les enfants sont censés être en télétravail or dans le quartier de Madame Phipps, rares sont des familles munies d'un ordinateur et d'une connexion Internet.

Dès le début du confinement, Taneka McKoy Phipps, constatent que beaucoup d’enfants jouent dans la rue toute la journée.

En temps normal, tout ce petit monde serait en classe. Il fallait agir.
 

J’ai une responsabilité envers les enfants de ce pays. J’ai dû trouver une solution.

Taneka McKoy Phipps, enseignante.


Elle se réveille à 6h tous les jours, direction son école. Elle écrit les leçons du jour sur des tableaux positionnés à l’extérieur de l'établissement.

Les cours ciblent les enfants âgés de 4 et 5 ans.  Les parents sont invités à photographier les leçons avec leurs portables.
Taneka McKoy Phipps écrit des leçons pour ses élèves sur des tableaux communautaires.
Ensuite, elle sillonne plusieurs quartiers avec ses assistants.  Avant 10h, les leçons sont affichées sur les tableaux placés devant les salles polyvalentes ou sur les murs aux coins des rues.

Il est temps pour les enseignants de penser autrement et de s’activer. On ne peut pas laisser tomber les enfants.

Taneka McKoy Phipps, enseignante.


Les élèves doivent terminer au moins une leçon par jour.  L’enseignante fait des cours pour les parents pour qu’ils puissent accompagner les enfants qui sont privés d'un cadre scolaire.
A la Jamaïque, le secteur privé participe à la création de nouveau tableaux communautaires.
Taneka McKoy Phipps estime que ses enfants ont droit à une éducation de qualité.  Les élèves des quartiers défavorisés ont du potentiel.

Le combat des parents n'est pas gagné


Dans les quartiers difficiles, certains parents ont même laissé leur travail pour s’occuper des enfants.

La vie est dure. Tout peut se passer et les enfants peuvent se trouver en difficulté. Pas question de les laisser seul.

Tanzana Lindo, parent d'élève.


Souvent, plusieurs jeunes doivent partager un téléphone portable pour accéder au portail de l’Éducation Nationale de la Jamaïque. Dans ces quartiers, le réseau WiFi est peu fiable. Les enfants ratent des cours.

Privés des salles de classes, les plus jeunes ont déjà oublié des leçons apprises à l’école.

Les enfants sont pénalisés. Quand ils arrivent à se connecter, ils suivent les cours mais ils ne comprennent pas aussi facilement comme à l’école. Je prie pour ces enfants parce que c’est vraiment difficile.

Nekesha Gayle, parent d'élève.

Le dévouement des enseignants à la campagne


Dans des zones rurales, le dévouement d’un principal a été reconnu par le Premier ministre, Andrew Holness.
 
C'est à moto que Keron King livre les leçons aux élèves qui vivent dans les zones rurales.
Keron King, principal de l’école maternelle et primaire de Little Bay, dans la région de Westmoreland, à l’extrême ouest du pays, fait la livraison à domicile des leçons de ses élèves. C’est sur une moto qu’il accède aux zones reculées où habitent la plupart d’entre eux. 

Il fait une tournée par semaine pour livrer les cours et récupérer le travail des écoliers.Sans ces initiatives qui sont en train de se multiplier, le taux d'enfants déscolarisés à la Jamaïque serait catastrophique.