Abolition de l’esclavage : vers des cérémonies solennelles unitaires ?

commémorations
L'esclavage libéré de ses chaînes
Symbole de liberté dans la commune du Prêcheur. ©Orythys

Comment imaginer la célébration du 22-Mai dans les temps futurs ? Pourquoi pas une grande manifestation consensuelle ? Quelques jours avant le 173e anniversaire de l’interdiction de l’esclavage, l’idée pourrait alimenter le débat public.

Alors que nous nous préparons à rallumer comme chaque année les flambeaux du 22-Mé, ne serait-il pas temps que la fête de la libération de nos ancêtres esclaves prenne une autre tournure ? Sommes-nous obligés de répéter, invariablement, le même type de cérémonie ? A savoir, un rassemblement sur le lieu où a été générée l’insurrection finale, l’Habitation Duchamp, à Sainte-Philomène ?

N’est-il pas possible d’imaginer d’autres formes de célébration de la révolution menée par les esclaves et leurs alliés, les hommes de couleurs – ou mulâtres ? Certes, ces dernières années, plusieurs initiatives ont fleuri pour rappeler l’épopée ayant amené le gouverneur Rostoland à décréter l’interdiction de l’esclavage dans la colonie.

Pour autant, les multiples initiatives émanant de militants culturels, de formations politiques et d’historiens restent encore marginales par rapport au défilé habituel entre Prêcheur et Saint-Pierre. Or, une fraction non négligeable de la population est susceptible de participer à la célébration du 22-Mé pour peu que les manifestations proposées soient attractives.

Les jeunes, sensibilisés au sujet sur les bancs de l’école, contrairement à leurs parents et grands-parents, sont demandeurs d’une certaine modernité dans la sublimation du combat de nos ancêtres pour leur libération. Ce qui passe, notamment, par une célébration unitaire de l’événement.

Le 22-Mé, une autre fête nationale ?

 

Nous pourrions tenir des cérémonies solennelles à l’image de celles du 14-Juillet dans nos communes. Les maires, la CTM et le préfet pourraient s’entendre pour montrer que le 22-Mé est un acte fondateur de l’émergence du peuple martiniquais. Du reste, l’Etat rappelle volontiers l’importance de la date du 27 avril 1848.

Pour la première fois, en 2018, le président de la République a donné un lustre particulier à la célébration du décret d’abolition de l’esclavage par la Seconde République. Pourquoi ne pas décliner un tel geste dans toute l’île à l’occasion de l’abolition effective en Martinique, les 22 et 23 mai ?

La présence du préfet et des dirigeants politiques à Sainte-Philomène ou devant l’escalier de l’intendance à Saint-Pierre, sur le lieu de la proclamation du gouverneur Rostoland, constitueraient un geste appelant à l’union du peuple. Après tout, nous appartenons tous à la même communauté de destin. Le temps n’est-il pas venu de fêter la libération des esclaves dans la concorde et la paix ?