Après être venu en renfort au CHU de Martinique, un soignant critique l'organisation de l'ARS et du centre hospitalier

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Couloir de l'hôpital
Un des couloirs de l'hôpital Pierre Zobda Quitman à Fort-de-France. ©Martinique la 1ère
Le témoignage d'un soignant anonyme sur une radio nationale fait grand bruit en Martinique. Il affirme que l'accueil et la planification du travail sont désorganisés. Sur un renfort de 1 300 soignants en Martinique, le directeur du CHUM estime qu'il ne faut pas faire d'un cas une généralité.

La déclaration d'un soignant interrogé par la journaliste Apolline de Malherbe sur RMC fait grand bruit depuis ce matin (vendredi 17 septembre 2021) en Martinique. 

Sans préciser sa fonction, "Nicolas" affirme que l'ARS (agence régionale de santé) de Martinique envoie les soignants "en vrac" et dénonce "l'inorganisation totale des services de soins ". 

Il parle de "panique à bord" en Martinique et affirme que l'accueil des soignants sur place a été peu chaleureux. "On représentait l'État donc nous n'étions pas les bienvenus mais je m'y attendais". 

 

 

Le directeur du CHUM (centre hospitalier universitaire de Martinique), Benjamin Garel, estime que sur 1 500 soignants venus en renfort, "il y a peut-être eu des loupés". 

Nous ne pouvons pas être bon partout mais c'est le 1er témoignage négatif de la sorte que j'entends. Il est faux de dire que la moitié des soignants en renfort n'a pas aidé nos équipes. Oui, tout a été géré très vite et au mieux depuis le début de la crise sanitaire.

 

Nous ne sommes pas infaillibles certes mais il faut savoir que nous sommes prévenus des renforts 24 heures avant leur départ de Paris. Nous avons mené une enquête interne sur les deux premières vagues et 96 % des soignants ont déclaré vouloir revenir s'il le faut.

Benjamin Garel, directeur général du CHUM

 

La journaliste Apolline de Malherbe (RMC) renchérit en concluant "quel gâchis d'argent et d'utilité" sans apporter le point de vue du personnel sur place, qu'il s'agisse de l'ARS ou du CHUM. 

L'ARS (agence régionale de santé) a réagit en fin de soirée : 

L’ARS Martinique rappelle que l’évolution exponentielle de la 4ème vague épidémique en Martinique s’est traduite par le besoin important de renforts issus de la Solidarité nationale. Ce sont plus de 1 300 personnels soignants qui sont venus en renfort depuis le mois de juillet en Martinique. Les différents profils, qui se sont portés candidats sur l’ensemble du territoire national, ont été très nombreux et une organisation a été rapidement mise en place pour l’accueil de ces personnels en hébergement sur les sites hôteliers de Martinique et au sein du CHUM et de la Clinique St PAUL.

 

 

 

La mise en œuvre de cet accueil à l’échelle du territoire représente un défi logistique sans précédent, avec parfois, quelques renforts qui ont rencontré des difficultés sur leurs affectations. Les problématiques rencontrées par une minorité de soignants ne doivent en aucun cas occulter l’implication sans faille des équipes du CHU de Martinique et des soignants volontaires qui continuent de venir en appui aux équipes locales, pour la prise en charge des patients COVID.

Réponse de l'Agence régionale de santé de Martinique.

 

L'opprobe est donc sur les renforts sanitaires si l'on s'en tient à ce seul témoignage mais doit-on "jeter le bébé avec l'eau du bain" après une telle catastrophe sanitaire en Martinique ? La sénatrice Catherine Concone a réagi.

 

Il est certain que les réactions de l'ARS, des syndicats hospitaliers et des politiques ne tarderont pas à se faire connaitre. 

On en veut pour preuve également cette réaction d'Olivier Decoster, soignant et en renfort au CHUM  :