L'association "Carrefour Barel Copett", honore le musicien Mano Césaire

hommage
Emmanuel Césaire
Le musicien martiniquais Emmanuel Césaire ©Daniel Betis
L’association "carrefour Barel Coppet", honorera le violoniste Mano Cesaire, jeudi 15 novembre 2018, au centre international de séjour à l'étang Z'abricot (Fort-de-France). Ce père fondateur du groupe "Malavoi", contribue au rayonnement de la musique martiniquaise.

Des noms  traversent les époques et résonnent, comme celui d'Emmanuel Césaire dit "Mano". Ce violoniste, auteur, compositeur et arrangeur demeure une référence.

Une lignée de musiciens

 

Fils d'Omer Césaire (frère aîné du chantre de la négritude Aimé Césaire), Mano a eu la chance de grandir dans un foyer ouvert à la culture. Son père taquinait le  piano et sa mère d'origine guyanaise, était une pianiste classique de haut niveau. Elle affichait une grande dextérité et un toucher remarquable acquis auprès de ses professeurs à Paris.

Le déclic s'est produit à 5 ans, lors d'un mariage. Garçon d'honneur, il a été subjugué par son oncle violoniste qui animait la soirée de 19 h à 4 h du matin, avec comme seul accompagnateur un maître chacha. Dès lors, il se passionne pour son instrument de prédilection, le violon.

À 8 ans,  Il suit les cours de paul Calonne avant d'intégrer l'école de musique classique de l'éminente Colette Frantz. Cette instrumentiste internationalement connue, issue du conservatoire national supérieur de musique de Paris, s'était installée à Fort-de-France à l'invitation du député et maire de la ville, Aimé Césaire.
 
 

Une expertise confirmée à l'âge de 15 ans


Dès l'âge de 15 ans, le jeune Mano Césaire fait preuve d'une grande expertise. Sa pratique commence avec le professeur Calonne qui met en scène ses élèves dans les églises. Mano est sollicité et se produit  avec les premiers orchestres à cordes de la Martinique, "Serenata" et "ambiance musicale". Deux formations composées de guitares, de violons, d'une mandoline, de percussions, avec en prime  le maniba pour la senerata et les maracas pour l'autre formation.

Le  succès est incontestable. Les plus doués de l'école de Colette Frantz : Mano Césaire, Christian De Négri, Jean Paul Soïme, créent une formation, "Les Merry lads" auxquels se joignent Denis Dantin, Marcel Rémion Serge Lossen. La qualité de leurs prestations est telle que leur popularité s'étend raidement.

 

Naissance de Malavoi 


"La bande des 3" (Mano Césaire, Christian De Négri, Jean-Paul Soïme), va créer en 1967, une synergie solide avec une grande partie des musiciens de Merry lads. Ainsi naît Malavoi, nom d'une canne, mais aussi d'une rue sénégalaise. La première formation a comme pianiste, Alain Jean-Marie, le cousin germain de Mano Césaire.

Le groupe enregistre son premier disque "Aux ondes Célini" en Guadeloupe. Ensuite, il récupère Lagier Brillant, élève de Colette Frantz et Paulo Rosine. Lui et Mano se connaissaient car avaient évolué ensemble avec "Conjunto moderno" de Paulo-Roger Jaffory. La suite on la connaît, il y a eu deux périodes du groupe Malavoi avec des cordes, puis des soufflants et puis un retour à l'original.
Malavoi
Le groupe musical "Malavoi" en répétition avant son concert caritatif du 29 juin dernier ©Martinique 1ère
Mano Césaire est toujours resté fidèle à lui-même assurant la transmission des valeurs, de la technicité, de la valorisation du violon et de la musique à ses élèves de Trinité et de Schoelcher ainsi qu'à ses propres enfants.
 

Hommage de l'association Barel Copett


L'association "Carrefour Barel Copett" et son président Bernard Bolosier, en rendant hommage ce jeudi 15 novembre au Centre international de séjour (Fort-de-France), à Emmanuel Césaire, permet au public de découvrir un artiste discret mais rigoureux et généreux. Il défend toujours la musique traditionnelle. Témoin son dernier opus "Chimen nou".