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La baisse inexorable du nombre d’élèves martiniquais se poursuit

S’il est un fait désormais habituel à la rentrée scolaire, c’est bien la diminution continue des effectifs d’élèves. Est-il impossible juguler ce phénomène ?
 

École élémentaire Marius Hurard à FDF © JC Samyde
© JC Samyde École élémentaire Marius Hurard à FDF
  • Par Jean-Marc Party
  • Publié le
Comme prévu, le nombre d’élèves ne cesse de diminuer. Pour cette rentrée 2018, le rectorat dénombre 73 797 écoliers, collégiens et lycéens dans l’académie. Une perte de 1 626 jeunes scolarisés par rapport à l’année dernière. Comme prévu, dans la mesure où les spécialistes signalent la décrue démographique depuis une trentaine d’années.

La Martinique vieillit et se dépeuple. Nous en avons une nouvelle démonstration en cette rentrée. Voici quatre décennies, nous comptions 110 000 élèves pour 330 000 habitants. Un pic historique, jamais égalé. Le nombre de scolaires n’a cessé de diminuer depuis, alors que la population augmentait avant de se stabiliser. En 1978, sur trois habitants, un était scolarisé. En 2018, la proportion est d'un scolaire pour cinq habitants.
 

La Martinique vieillit


C’est le résultat de la dénatalité. Nous enregistrons à peine 4 000 naissances par an, contre 11 000 en 1965, année record. Les familles comptent aujourd’hui 2 enfants en moyenne. Au début des années 1980, nos parents en avaient 5 à 6.

La diminution du nombre d’élèves est donc logique. Plusieurs facteurs explicatifs s’additionnent. Tout d’abord, l’amélioration des conditions de vie de la population entraîne des aspirations sociales différentes que celle de la création d’une famille nombreuse. Puis, l’émancipation des femmes se traduit notamment par la généralisation de la contraception, ce qui leur permet de maîtriser leur fécondité.
 

Une dénatalité multifactorielle


La plus forte présence des femmes sur le marché du travail leur permet également de s’affranchir de la tutelle d’un mari ou d’un compagnon dominateur. Enfin, l’émigration massive des jeunes de 20 à 35 ans durant les décennies 1960 à 1990 gêne le renouvellement des générations.

Il convient de s’adapter à cette donnée sociologique lourde. Deux choix s’offrent à nous. Soit avoir plus d’enfants, ce qui n’est pas du tout évident. Soit faire appel à l’immigration, un sujet hautement sensible. Il faudra bien trouver une réponse consensuelle, un jour ou l’autre. Et plus vite que nous le pensons.

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