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La baisse de la population martiniquaise se poursuit et menace le dynamisme du territoire

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Population pendant le tour cycliste en Martinique (11 juillet 2019). ©Raphaël Bastide
Le dernier recensement publié par l’INSEE confirme le reflux démographique de Martinique. Comment comprendre ce phénomène qui peut surprendre ?
 
Avec 372 594 habitants au 1er janvier 2017, la population de Martinique baisse de 16 000 personnes par rapport au recensement de 2012. Une perte spectaculaire, prévue par les experts de l’INSEE. Cette tendance va se poursuivre dans les années à venir.

La conséquence la plus visible de la baisse de la population est son vieillissement. Le phénomène est illustré par la diminution constante des naissances : 3 670 en 2018 contre 11 000 en 1965, année record. Depuis, la natalité décroît de manière régulière, pour deux raisons.

Tout d’abord, ici comme ailleurs, l’amélioration des conditions de vie amène les femmes à avoir moins d’enfants que leurs mères et leurs grand-mères. De plus, les progrès de la médecine, notamment la généralisation de la contraception, entraînent une baisse de la fécondité d’une génération à l’autre.
 

Moins de naissances et départs massifs


Ensuite, les départs massifs des jeunes durant ce dernier demi-siècle ont provoqué une chute des naissances. Une personne sur trois originaire de Martinique vit en France continentale. Une donnée expliquant largement le recul démographique. Lequel s’est accentué cette dernière décennie par une augmentation des départs.

En résumé, s’il y a de moins en moins d’habitants, c’est parce que nous faisons moins d’enfants et parce que nos jeunes s’en vont. Un phénomène menaçant le dynamisme du pays, que l’on retrouve ailleurs. En Guadeloupe, ainsi qu’à Cuba, à Trinidad et au Guyana, près de nous. Le Japon et une vingtaine de pays d’Europe centrale et orientale vivent également cette décrue.

Le dernier recensement de l’INSEE a le mérite de révéler un phénomène lourd de conséquences sur les plans économique, social, culturel et politique. Il nous appartient, collectivement, de décider si nous nous contentons de cet état de fait ou si nous tentons d’inverser une courbe qui peut devenir dangereuse, celle du dépeuplement du territoire.
 
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