Brume de sable en Martinique : quelle est la source de la pollution atmosphérique ?

Pollution à la brume de sable (illustration).
Depuis jeudi (18 avril), la Martinique est concernée par un épisode de pollution atmosphérique causé par une brume de sable très dense. En raison des concentrations en particules fines PM10, Madininair maintient la procédure d'alerte spécifique aux épisodes de pollution ce lundi 22 avril. La préfecture a également mis en place des mesures de protection afin de réduire l'exposition de la population et limiter les émissions de particules qui peuvent avoir des conséquences sur la santé.

"La brume de sable touche toujours notre territoire et monte en intensité", alerte Madininair ce lundi. Depuis cinq jours, la Martinique est une fois de plus affectée par un épisode de brume de sable désertique qui provient essentiellement du désert du Sahara.

Les concentrations en particules fines PM10 annoncées se traduisent par un indice ATMO TRÈS MAUVAIS prévu par Madininair. Sur la base de ces observations, Madininair prévoit de maintenir la procédure d'alerte spécifique aux épisodes de pollution aux particules fines PM10 ce jour.

Bulletin Indice ATMO de Madininair (22 avril 2024)

Que contiennent ces particules ?

Pollution occasionnée par une épaisse brume de sable (illustration).

Selon les explications Madininair, en Martinique, elles ont d'abord "une source locale".

Il existe des particules émises localement d’origine naturelle : les embruns marins, les pollens, les spores ou encore les particules minérales issues du sol et du sable. On trouve également des particules émises par les activités humaines comme les transports, l’industrie, l’agriculture et le secteur du résidentiel/tertiaire.

Les particules retrouvées en Martinique sont minérales et anthropiques, c'est-à-dire, liées au trafic routier.

Les particules minérales sont composées principalement d’aluminium, de calcium, de fer, de potassium, de magnésium et de titane. Les sels de mer sont, quant à eux, constitués d’ions chlorure, potassium, magnésium, calcium ou sodium. Enfin, les particules anthropiques sont essentiellement formées de matière carbonée (notamment du carbone suie) et de composés tels que les métaux lourds.

Quels impacts sur la santé ?

Lorsque ce phénomène naturel survient, les concentrations de particules fines dans l’air augmentent. Lorsqu’elles sont inhalées par l’homme, elles ont des conséquences sur la santé. Elles ont principalement un impact sanitaire sur le système respiratoire.

Plus une particule est fine, plus elle pénètre profondément dans les voies respiratoires. Mais les particules fines peuvent aussi être à l’origine de développement de maladies cardiovasculaires.

Madininair

Les particules ont également un impact environnemental car elles sont une "source importante de micronutriments dans l’océan et dans les sols".

Lien avec le développement des algues sargasses

Leur impact est donc bénéfique pour la croissance végétale. Elles contribuent également au développement de l’écosystème marin tel que les phytoplanctons. Cependant, cet apport d’éléments nutritifs tend à stimuler la production des algues sargasses.

Mesures de protection temporaires

Au regard de l’épisode de pollution atmosphérique due à la densification de la brume de sable, des mesures de protection temporaires ont été prises afin de réduire l'exposition de la population à cette pollution de l’air et de limiter les émissions de particules fines par la Préfecture.

Activités physiques :

  • Les activités sportives sont interdites au sein de l’ensemble des établissements scolaires et des autres structures d’accueil de mineurs ou d’enfants.

Secteur résidentiel et tertiaire :

  • Le brûlage des déchets verts à l’air libre est totalement interdit. Les éventuelles dérogations pour raisons phytosanitaires ou agronomiques sont suspendues.

"Toute infraction pourra entraîner l’amende prévue pour les contraventions de la 3ème classe pouvant s’élever jusqu’à 450 € comme prévu par l’article 7 du décret n°2003-462 du 21 mai 2003 relatif aux dispositions réglementaires du code de la santé publique", préviennent les services de l'État.