La démission de Catherine Conconne du PPM soulève bien des interrogations

politique
Catherine Conconne
La sénatrice martiniquaise Catherine Conconne à Paris. ©Sénat
Véritable détonation dans le ciel politique des Antilles que la démission de Catherine Conconne du Parti Progressiste Martiniquais. Une véritable onde de choc qui engendre supputations et interrogations.
La sénatrice Catherine Conconne est l'une des personnalités les plus influentes qui quitte le Parti Progressiste Martiniquais (PPM), le parti fondé entre autres par Aimé Césaire. Ses premiers mots après sa démission. "J’ai été humiliée à plusieurs reprises. Je quitte le PPM parce qu’il y a eu trop d’humiliations à mon égard".

"L’amendement législatif au sujet de la venue des médecins cubains en Martinique n’est pas la vraie cause de rupture", commente la sénatrice. "L'affaire des médecins cubains", c'est pourtant l'argument de la direction du parti césairien pour entériner la démission de son désormais ex membre.
 

Suite au communiqué du Parti Progressiste Martiniquais du 2 avril 2020 rétablissant la vérité concernant "l’amendement législatif Théophile" portant sur la coopération  médicale avec Cuba, Catherine Conconne a transmis au Parti sa lettre de démission. Le PPM reste fidèle à ses valeurs, valeurs qu’il ne reconnaît plus dans le comportement de Catherine Conconne.


Voilà donc selon le PPM la vraie raison du départ de la sénatrice.
 

Les tensions persistent depuis longtemps

 
Les dissensions au sein de l’état Major du Parti existent depuis des mois. Catherine Conconne auréolée de son mandat de sénatrice le 24 septembre 2017, n’a eu de cesse de gagner ses galons de femme politique imposante à la fois en Martinique et auprès de ses collègues parlementaires à Paris.
Son franc-parler, sa maîtrise des dossiers et son acharnement à les défendre font d’elle, qu’elle soit aimée ou pas, une femme respectée.
 

Catherine Conconne, une "bosseuse"


Très présente sur les réseaux sociaux, la sénatrice communique à tout va répétant à qui veut l’entendre sa motivation : défendre les intérêts de la Martinique. Elle prend peu à peu une envergure qui dérange, même à l’intérieur de son propre parti. Ferait-elle alors de l’ombre aux leaders du PPM ? "J’ai avalé des couleuvres,  je me suis tue pendant trop longtemps", confie la sénatrice.
 

Une démission stratégique ?

 
On peut aussi légitimement s’interroger sur cette démission en pleine crise sanitaire. La sénatrice s’est mise volontairement ou non, à l’écart de tout commentaire politique de la gestion de cette crise du Covid 19, ne prenant part ou très peu à la réflexion politique sur l’épidémie.

Serge Letchimy, parlementaire également comme sa collègue, mais président du Parti Progressiste Martiniquais semblant être le seul habilité à s’exprimer sur ce dossier ô combien sensible.

On peut aussi légitimement s’interroger sur la volonté de Catherine Conconne de s’émanciper du PPM, ce parti fort de la scène politique martiniquaise.

C’est un parti  où il ne faut pas qu’il  y ait un cheveu qui dépasse, il ne faut pas avoir d’initiative, on dit qu’il faut libérer la pensée, mais dès  que votre pensée se libère vous avez face à vous des baïonnettes, il faut être dans les rangs, marcher au métronome et être dans les pas de la direction.


Des mots durs qui en disent long sur l’état d’esprit de la sénatrice qui a donc décidé de "s’affranchir de la pensée unique".
 

Une liberté retrouvée qui lui ouvre de nouvelles perspectives


Il se murmure de plus en plus que Catherine Conconne briguerait une tête de liste pour la future territoriale de 2021. Elle aurait  déjà trouvé des appuis au sein même d'EPNM (Ensemble Pour une Martinique Nouvelle). C'est une perspective qui ne peut pas être du goût de la hiérarchie du PPM qui y voit un acte de rébellion.

Le PPM accepte ainsi la démission d’une de ses valeurs sûres. Pourtant le Parti se prépare à la reconquête de la Collectivité qui lui a échappé en 2015.

Le monde politique martiniquais s’enrichit de nouvelles voix libérées ou affranchies pour animer et élever le débat politique martiniquais...espèrons le.

 
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