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Chlordécone et cancer de la prostate : l’Institut national du cancer lance un nouveau programme de recherche

chlordécone
Cancer
©MartiniqueLa1ere
L’Institut national du cancer a annoncé, par voie de communiqué jeudi 28 novembre 2019,  le lancement d'un nouveau programme de recherche visant à répondre à la question du lien entre l’exposition à la chlordécone et le risque de survenue du cancer de la prostate dans les Antilles.  
Le programme de recherche devra spécifiquement répondre à la question établie par le comité scientifique international : "Quelle est la part du risque d’occurrence de cancer de la prostate et particulièrement les cancers évolutifs, liée à la chlordécone, parmi l’ensemble des facteurs de risque connus et/ou potentiels ?"
 
L’Institut national du cancer intervient à la demande d’Agnès Buzyn. La ministre des Solidarités et de la Santé lors de son audition auprès de la commission d’enquête parlementaire sur l'utilisation du chlordécone et du paraquat le 14 octobre dernier, avait annoncé ce programme sur une durée de 5 ans. Il est doté d’un budget de 3 millions d’euros mobilisable dès à présent.
 

Partage de connaissances


Pour une meilleure compréhension du sujet, ce programme favorisera l’interdisciplinarité et la coopération d’équipes provenant de domaines différents comme l’épidémiologie environnementale, la toxicologie, l’onco-urologie, la génomique, la santé publique, les sciences humaines et sociales, les mathématiques et les sciences de l’informatique.

 
Élaboré et évalué par un comité d’experts internationaux


La Direction générale de la santé a saisi, en avril 2018, l’Institut national du cancer pour concevoir un appel à projets et pour poursuivre les investigations sur le sujet.
Pour y répondre l’Institut a mis en place un comité scientifique constitué d’experts internationaux et nationaux en épidémiologie environnementale, évaluation des risques, urologie, génétique et toxicologie. Réuni le 5 septembre 2018, le comité a défini la méthodologie d’une recherche susceptible de répondre à la question du lien entre l’exposition à la chlordécone et le cancer de la prostate dans le contexte de la Martinique.
 

Éfficacité opérationnelle


Ce comité scientifique accompagnera l’ensemble du programme de recherche afin de s’assurer que les projets mis en œuvre en respectent les objectifs et permettent in fine de répondre à la question posée.
 
En effet, les études menées jusqu’à présent n’ont pas permis de répondre à cette question de santé publique :
-  l’étude Karuprostate, basée sur une méthodologie de type cas/témoins et menée en Guadeloupe entre 2004 et 2007, n’a pas permis de comparer les deux groupes ni sur l’âge ni sur les facteurs de risque classiques de survenue du cancer de la prostate. Bien qu’elle se base sur un nombre de patients suffisant (600 patients atteints du cancer de la prostate et 600 personnes indemnes de la maladie), l’absence possible de comparaison sur ces caractéristiques représente un biais pouvant impacter les résultats ;

-  l’étude Madiprosate en Martinique, développée sur le modèle de Karuproste, a fait l’objet d’une phase pilote, entre 2012 et 2014, préalable à son déploiement. Financée par l’Institut national du cancer, il s’agissait de s’assurer que la méthodologie retenue par les chercheurs permettrait de répondre à la question du lien entre l’exposition à la chlordécone et le risque de survenue du cancer de la prostate. Le comité d’experts indépendant, en charge d’étudier d’une part le projet et d’autre part d’évaluer les résultats de la phase pilote ont conclu, malgré la crédibilité de l’équipe porteuse du projet, à l’inadéquation entre les choix de protocole et les objectifs fixés pour cette étude.
 

Des points d'étape 


Les populations de Guadeloupe et de Martinique seront informées des actions menées dans la lutte contre la chlordédone. L’Institut national du cancer proposera des points d’étapes réguliers sur l’avancement du programme de recherche et ses avancées.
À propos de l’Institut national du cancer
Créé par la loi de santé publique du 9 août 2004, l'Institut national du cancer est l’agence d'expertise sanitaire et scientifique en cancérologie de l’État. Chargé de coordonner les actions de lutte contre les cancers, l’Institut, par sa vision intégrée de l’ensemble des dimensions sanitaire, médicale, scientifique, sociale, économique liées aux pathologies cancéreuses, met son action au service des personnes malades, de leurs proches, des usagers du système de santé, de la population générale, des professionnels de santé, des chercheurs et des décideurs dans les domaines de la prévention, des dépistages, des soins, et de la recherche.
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