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La commission Schoelcher chargée d’appliquer l’abolition de l’esclavage

esclavage
Victor Schoelcher
Victor Schoelcher, sous-secrétaire d'État aux colonies, préside une commission chargée d'appliquer l'interdiction du travail forcé. ©Sénat
L’esclavage est définitivement aboli par la Deuxième République, instaurée après les émeutes de février 1848. Le 4 mars, une commission est mise sur pied pour appliquer la nouvelle législation dans les colonies. Rappel de ce moment survenu il y a 170 ans.
Date symbolique s’il en est, le 4 mars 1848 et le jour de l’installation de la commission chargée d’arrêter les modalités de mise en oeuvre dans les colonies du nouveau régime politique issu de la Deuxième République. Les esclaves des colonies seront libérés. Ils deviendront des citoyens et aurons donc le droit de voter et d’être élus.



Le gouvernement provisoire doit au préalable refondre l’administration coloniale. Le ministre de la Marine, le républicain François Arago, astronome et physicien renommé, prend auprès de lui un sous-secrétaire d’État aux Colonies. Il s’agit de Victor Schoelcher, républicain lui aussi, franc-maçon, rentré la veille de Saint-Louis du Sénégal où il était en campagne pour l’abolition de l’esclavage.



Schoelcher, président




Schoelcher est nommé président de la commission composée de 7 personnalités connues pour leur engagement abolitionniste. L’une de ses personnalités marquantes est François-Auguste Perrinon, officier dans l’artillerie de marine, premier polytechnicien martiniquais, en congé de l’armée. Son autre pilier est le haut fonctionnaire Henri-Joseph Mestro, à la tête de la direction des Colonies.



La commission comprend aussi l’avocat parisien Adolphe Gatine, défenseur de Cyrille Bissette ; Charles Gaumont, ouvrier horloger, rédacteur en 1844 de la pétition des ouvriers de Paris en faveur de l’abolition de l’esclavage ; l’historien Henri Wallon, et Louis Percin, avocat martiniquais. Absent de taille, Bissette, écarté par Schoelcher, son vieux rival. Une pétition des amis de l’abolitionniste martiniquais laisse Schoelcher inflexible.



Une nouvelle page d’histoire




Le rapport final de la commission est adopté par le gouvernement provisoire. Le décret abolissant définitivement l’esclavage est publié au Journal officiel le 27 avril 1848. Il s’applique en Guadeloupe, Guyane, Martinique, La Réunion et dans les comptoirs de Saint-Louis du Sénégal et de Madagascar (Nosy-Bé et Sainte-Marie).



L’interdiction de l’esclavage actée, les travailleurs forcés deviennent, du jour au lendemain, des citoyens libres, électeurs et éligibles. Une nouvelle page de l’histoire coloniale peut s’ouvrir.
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