Confinement : des restrictions contestées aussi en Martinique par les commerces dits "non-essentiels"

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Confinement
Luc Labonne a décidé de braver l’interdiction gouvernementale. Son établissement était ouvert hier soir (Vendredi 30 octobre 2020) ©F. Théodose
Vent de rébellion chez certains commerçants en Martinique comme dans l’hexagone, à cause de la fermeture imposée aux petits-commerces dont l’activité est jugée "non-essentielle" par le gouvernement. Des élus de la CTM doivent rencontrer le préfet à ce sujet.   
C’est l’incompréhension chez plusieurs commerçants indépendants en Martinique comme dans plusieurs autres territoires de France, depuis le début du reconfinement ce vendredi 30 octobre 2020. En effet, la qualification d'activités "non-essentielles" les obligeant à fermer leurs rideaux durant plusieurs semaines, ne passe pas.       
 

On peut aller dans une grande surface bondée, mais pas dans un commerce de proximité ! où est la cohérence ?

(Un "petit-commerçant")


Luc Labonne, artiste, mais aussi exploitant d’un restaurant (Le vieux Foyal) à Fort-de-France, a décidé de braver l’interdiction gouvernementale dès le premier jour du reconfinement ce vendredi 30 octobre 2020, alors que ce type d'établissement est autorisé à faire de la vente à emporter.
Luc Labonne
Luc Labonne ©Martinique 1ère
Luc Labonne alerte sur l'inégalité induite par le confinement. Il s'explique au micro de Fabrice Théodose.

Luc Labonne

Inégalité de traitement ?


Certes, il y a les aides d’urgence de soutien, complétées par plusieurs mesures dans le cadre du plan France Relance en faveur du commerce de proximité, de l’artisanat et des indépendants, mais à l’approche des fêtes de fin d’année, les petits commerçants auraient préféré maintenir leur activité.

Cette fronde est soutenue par plusieurs élus récalcitrants eux aussi. Certains maires de l’hexagone ont même décidé de prendre des arrêtés, autorisant l’ouverture de boutiques non-alimentaires.
 

Je pense que le gouvernement et Emmanuel Macron se sont trompés (…). Les commerçants de proximité sont empêchés de vendre des produits qu’ils voient vendus dans la grande distribution, donc ils ont un sentiment d’injustice qui est totalement incompréhensible.

Il faut comprendre que les maires se battent depuis des années pour maintenir les commerces de proximité dans leur centre-ville, et là on voit les efforts de tous réduits à néant.

Ce que demandent les commerçants c’est de pouvoir travailler (…). Donc cette décision doit absolument être révisée. 

(Annie Genevard – députée LR du Doubs / source LCI)


Rencontre prévue entre les élus de la CTM et le préfet


Face à la grogne de ces petits-commerçants inquiets pour l’avenir, une délégation d’élus de la Collectivité Territoriale de Martinique doit rencontrer le préfet du territoire la semaine prochaine. L’objectif est de convaincre Stanislas Cazelles d’accorder des dérogations aux indépendants.

Mais comment faire le tri, quelles activités privilégier, sur la base de quels critères, sans mettre en péril le protocole sanitaire en vigueur ou créer de nouveaux foyers épidémiques eu égard à la progression du nombre de contaminations un peu partout en France en ce moment ?

Préserver la santé de la population et parallèlement celle de l'économie, c’est l’équation que doivent résoudre ces autorités locales, afin d’éviter l’échec du reconfinement, un éventuel prolongement, voire une 3e vague.   
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