COP 27 : ce sont les fonds qui manquent le plus

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Des fumées s'échappent d'une zone industrielle
Des fumées s'échappent d'une zone industrielle à Chambéry (Savoie), en 2019. ©Vincent Isore / MAXPPP
Les pays riches subissent une pression maximale des pays pauvres pour financer les programmes des réparations des dégâts causés par le réchauffement du climat. Une tendance apparue nettement dans les coulisses de la COP 27 qui se poursuit jusqu’à ce dimanche 18 novembre 2022 en Egypte.

La Grande-Bretagne devient le premier contributeur financier de l’adaptation du continent africain au réchauffement climatique. Le Premier ministre, Rishi Sunak, a promis que son pays  triplera d’ici à 2025 son aide à la Banque africaine de développement afin qu’elle finance les programmes visant à atténuer les effets du dérèglement du climat. La Grande-Bretagne mettra sur la table une enveloppe de 1,7 milliard d’euros à cet effet.

Une annonce accueillie avec autant d’optimisme que de scepticisme par les délégués des pays africains au Sommet mondial de l’ONU sur le climat. Les promesses ont été si nombreuses jusqu’à présent que certains ont répondu, en coulisses : "Wait and see". Il est acté depuis la COP 26 tenue en Ecosse en 2021 que l’aide annuelle des pays riches aux pays pauvres doit s’élever à 100 milliards de dollars. Au terme de la première année, nous arrivons à peine à 83 milliards.

Où est l’argent promis par les riches ?

Ce qui n’empêche pas les pays occidentaux de trouver une somme équivalente pour une aide militaire à l’Ukraine contre l’invasion russe. Une cause légitime certes, mais qui met au second plan une urgence planétaire permanente, la lutte contre les conséquences de l’augmentation des températures.

Les pressions sur les pays riches pour financer les réparations des dommages causés par la catastrophe climatique ne viennent plus uniquement des pays pauvres et des activistes écologistes. Les scientifiques s’y mettent aussi. Dans une lettre ouverte publiée le 27 octobre, le groupe Rébellion scientifique exige que "les trois piliers de la politique climatique – atténuation, adaptation et compensation (…) soient réellement mis en œuvre".

L’urgence climatique impose une autre politique

La bonne volonté ne suffit pas, ne suffit plus. Il faut beaucoup d’argent, et même davantage. D’où l’idée lancée par la Première ministre de Barbade. A l’ouverture de la COP 27, lundi 7 novembre 2022, Mia Mottley a répété devant ses homologues du monde entier – hormis les chefs des deux plus grands pollueurs, Etats-Unis et Chine – qu’il faut révolutionner le système financier international issu des accords de Bretton Woods, après la Seconde guerre mondiale.

Les pays occidentaux, dit-elle en substance, ont largement profité depuis deux siècles de l’exploitation des ressources humaines et naturelles des pays qu’ils ont dominé. A leur tour de payer la facture des dommages qu’ils ont causés, notamment dans le Pacifique, en Afrique et dans la Caraïbe. Elle préconise la création d’une agence de l’ONU dont l’objet sera de trouver 500 milliards de dollars de contributions, puis de multiplier par dix cette somme en taxant les profits des compagnies pétrolières et gazières.

Pour compenser les dommages provoqués par la hausse des températures, il faut, en effet, de gigantesques ressources financières.

Dans les coulisses de la COP 27, chacun se félicite déjà que cette évidence emporte presque l’unanimité. Sauf que de la parole aux actes, il y a encore un très grand pas à franchir.