Coronavirus en Martinique : où sont les masques ?

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Le monde et son masque
Un monde "masqué" ©Alexandra Koch
Mardi 31 mars 2020 encore sur notre antenne TV, le docteur Cabié du CHUM affirmait que la population n'a pas un besoin impératif de masques. Une position qui tranche avec celles des pays ayant réussi à enrayer l'épidémie chez eux. Que se passe-t-il exactement avec les masques en Martinique ?
Les usagers sont nombreux à demander des masques. Mais dans le commerce il n'y en a pas. Et les autorités locales ont été claires. "Les masques chirurgicaux et FFP2 sont réservés en priorité aux personnels soignants".
Il y a une demi-douzaine d'années plus tôt, l'ancien directeur de l'ARS annonçait pourtant que la Martinique disposait, depuis l'épisode Sras, d'un stock de 800 000 masques de protection.


Où est donc passé le stock de masques issu de la crise SRAS?


Selon le préfet, parmi ces 800 000 masques, la moitié était des masques pédiatriques. Des masques pour enfants donc qui n'ont pas grande utilité pour le personnel soignant, en première ligne face au virus.

Il en restait donc 400 000. Sur ces derniers, 250 000 auraient été débloqués en début de semaine dernière. Ils ont été réservés aux professionnels de santé.  Nous disposons donc encore d'un stock de 150 000 masques.

Mais, cette semaine, les autorités attendent une livraison, par avion, de masques. Combien ? Elles ne savent pas pour l'instant mais des milliers c'est certain. 

Du côté de la préfecture, le discours, quant au port de masques par la population entière, a évolué. Si on avoue que porter un masque de protection peut servir, la préfecture explique.

Pour les masques qui seront livrés, le personnel soignant est prioritaire ! D'autres professions le sont aussi, comme les forces de l'ordre (ndlr: policiers et gendarmes) ou encore les professionnels de la prison de Ducos, les éboueurs et les personnels de l'abattoir. La population générale devrait se  tourner vers le système commercial. Seulement il y a une pénurie.

Oui, car la pénurie est générale. La France ne dispose plus de masques. Elle en a commandé plus d'un milliard à la Chine. D'où la livraison aérienne de cette semaine.

Inquiétudes sur la qualité des masques venus de Chine


Les Pays-Bas, l'Espagne, la République tchèque, les Philippines ou encore la Turquie. Tous ces pays ont exprimé leur mécontentement suite à la livraison de masques et de blouses fabriqués en Chine.

Les dirigeants des Pays-bas ont ainsi rappelé 600 000 masques distribués à différents hôpitaux. Ils étaient "poreux et leur dimension  inadéquate". 
La France avait annoncé, par la voix de son tout nouveau ministre de la santé, Olivier Véran avoir commandé des masques et des tests à la Chine. Face à la pénurie mondiale de ces derniers, cette livraison est très attendue.

Probablement pas de masques sur le Dixmude


Le porte-hélicoptères devrait quitter Toulon (Var), le 2 ou le 3 avril prochain (jeudi ou vendredi). Il est prévu que ce bateau, de l'armée française, achemine vers les Antilles et la Guyane du matériel médical. 
Pour l'instant la mission exacte de ce navire n'est pas vraiment claire. Mais, l'armée a tout de même apporté quelques précisions.

Le Dixmude pourrait livrer du fret, soulager les hôpitaux en fonction de leurs configurations, projeter des forces de sécurité entre les départements de Martinique, de Guadeloupe et de Guyane.

Mais il est peu probable que des masques fassent partie de la cargaison du Dixmude. Le voyage étant long et la demande urgente.


L'exemple des pays asiatiques


Quand les images des pays asiatique ayant freiné l'épidémie de coronavirus nous parviennent, une chose nous saute aux yeux : toute la population porte des masques. 

En Corée du Sud par exemple, sur 51,4 millions d'habitants, les guérisons sont désormais plus nombreuses que le nombre de personnes atteintes détectées. La raison : une politique massive de dépistages et de port généralisé de masques. La Corée du Sud fabrique 12 millions de masques par jour. Et ce n'est pas suffisant. 

De plus le pays a mis en place un système d'alerte, via une application, qui indique aux personnes d'une région visitée par un malade, les lieux de son passage. Un "cyber fichage" qui n'est pas du goût de l'Union Européenne mais qui manifestement fait ses preuves...
 
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