Coupe des Nations de la Caraïbe : autopsie d'une défaite

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Résultat match Curaçao/Martinique
La sélection de Curaçao s'est imposée ce jeudi (22 juin) au stade Pierre Aliker de Dillon à Fort-de-France. ©Martinique 1ère
La Martinique s’est réveillée avec la "gueule de bois". La ligue de football de Martinique ne mettra pas un terme à 24 ans de disette. Elle ne remportera pas le titre de championne de la Caraïbe en tant qu’organisatrice. Une compétition qui lui échappe depuis 1993.
Cet échec face à Curaçao est une cruelle désillusion pour la Martinique, et des vieux démons qui ressurgissent. Si l'on dit "jamais deux sans trois", le constat est en revanche terrible. 1988, 2010 et 2017, trois phases finales de la Coupe des Nations de la Caraïbe en Martinique et aussi trois échecs.

Mais Curaçao est aussi un adversaire difficile et en gros progrès. Une équipe qui pratique un football en mouvement à la sauce hollandaise. L’école de l’Ajax d’Amsterdam avec un Patrick Kuivert ex-international néerlandais et d’origine curacienne par sa mère a fait du bon boulot quand il a dirigé la sélection de Curaçao. Son adjoint a fait le reste en faisant confiance aussi à des pros évoluant en Hollande, en Pologne et en Angleterre. Au total, quinze joueurs sur vingt-trois et tous motivés pour porter le maillot curacien. 

Un match pour la troisième place

La Martinique devra désormais viser la troisième place en battant la Guyane éliminée par la Jamaïque aux tirs au but. Une affiche qui n’était pas prévue du côté de la ligue de football. Les décideurs du football martiniquais se retrouvent avec un budget de 300 000 euros à boucler et un public très critique. 

Il n’y a pas une vraie culture de la sélection. En effet, quand la Martinique a été dominée par Curaçao, on a entendu des sifflets et des quolibets dans les travées du stade de Dillon. Et surtout aucun encouragement pour relancer une sélection de Martinique qui a montré ses limites dans l’entrejeu.

Des enseignements à tirer après l'échec 

Les absences de Julien Faubert (Turqu Finlande) et Bruno Grougi (Brest Ligue 2) qui n’ont pas été libérés par leurs clubs se sont fait sentir. La sélection de Martinique paie "cash" le non-match de certains joueurs. Il y a eu des insuffisances criantes à ce niveau. 

La Gold Cup arrive à grands pas, mais il faut arrêter de faire du bricolage. Le sélectionneur martiniquais doit être à plein temps, disposer de billets d’avion pour voir les pros et organiser des regroupements. Mais aussi un suivi des joueurs avec des stages pour jouer dans la cour des grands de la CONCACAF. 
Quant à l’apport des professionnels, le dossier est politique. Les députés doivent interpeller la ministre des Sports Laura Flessel pour que les clubs français libèrent des joueurs d’origine martiniquaise.
Il y a aussi le cas du manager général, David Régis n’est pas Bernard Lama qui a un réseau en France et autres. Il a convaincu Florent Malouda, un très précieux au milieu de terrain, ravi de revêtir le maillot guyanais. L'ancien gardien du Paris-Saint-Germain a été actif en coulisses pour que la Guyane ait une équipe compétitive. 
Toutes les équipes de la CONCACAF sont renforcées par des professionnels. Des renforts indispensables compte tenu du niveau du championnat local.

L’attractivité du football martiniquais a pris un coup avec la défaite de la sélection qui est sa vitrine. 
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