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La crise du MIM ne laisse personne indifférent

politique
Alfred Marie-Jeanne Réunion du MIM au Robert
Réunion mensuelle du MIM (24 février 2017) au Robert. ©ALAIN LIVORI
La crise au sein du MIM (Mouvement Indépendantiste Martiniquais), a ceci de particulier qu’elle n’est pas basée sur des motifs politiques, mais sur des relations humaines dégradées. Ce qui a de quoi laisser perplexe.
Alfred Marie-Jeanne veut-il fracasser le MIM ? Au-delà de sa tentative de sabordage du mouvement qu’il préside, il convient de se demander s’il ne souhaite pas dissuader quiconque de se proclamer favorable à l’indépendance nationale de la Martinique. Son attitude risque de produire la défiance envers un idéal qu’il a longtemps incarné, un effet inattendu.



Depuis de longs mois, son comportement est à ce point contraire à la logique politique que des militants de plus en plus nombreux prennent position contre lui. Certains se demandent, ô sacrilège, si leur chef n’est pas frappé de démence. D’autres avouent anba fèy  "le MIM ka maché tjou pou tèt".



Pourtant, il n’existe pas l’ombre d’une divergence d’ordre idéologique, ou d’un désaccord stratégique entre le chef du MIM et son fils spirituel désormais renié, Jean-Philippe Nilor. Aucune échéance électorale ne se profile à court terme qui pourrait justifier cette dispute incompréhensible.



Pourtant, les dissensions sont monnaie courante au sein des formations politiques. Soit parce que des personnalités s’opposent sur des visions différentes. Soit parce qu’elles nourrissent des inimitiés personnelles. Ces deux causes allant souvent ensemble, du reste.


Ainsi, dans la période récente, le Parti progressiste s’est séparé des partisans de l’ex-candidat présidentiel Macron. 

Claude Lise est parti créer le Rassemblement démocratique en 2006 pour illustrer sa conception de l’autonomie. Le Parti communiste a subi une saignée avec le départ de Pierre Samot en 1998. Quant à la famille de la droite, elle est coutumière des déchirements et des séparations fracassantes.

Et ne parlons pas du divorce entre les républicains Ernest Deproge et Marius Hurard en 1885, en désaccord sur le degré d’assimilation à réclamer. Ne parlons pas non plus de la violence des attaques entre Victor Schoelcher et Cyrille Bissette sur l’émancipation des esclaves.



Dans tous ces cas de figure, nous avions affaire à des désaccords de fond. L’innovation avec la crise du MIM, c’est qu’elle n’est pas d’origine politique, mais purement humaine. Au 21e siècle, notre vie politique tiendrait donc à la santé de quelqu’un ? Kimafoutiésa !
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