Crise sociale en Martinique : le front syndical au bord de la rupture

social
61a506f2471bb_photo-2021-11-29-11-29-38.jpg
Les représentants des syndicats devant la préfecture de Martinique le 29 novembre 2021 ©Marco Calmo Martinique la 1ère
À cinq jours de la date butoir du 31 décembre 2021, les syndicats sont en désaccord et avancent difficilement leurs stratégies de lutte contre l’obligation vaccinale et le pass sanitaire. L'intersyndicale se déchire sur la suite à donner au mouvement. Un front radical a vu le jour.

Depuis plusieurs jours, le désaccord est visible dans les rangs de l'intersyndicale.  La mobilisation se fait en ordre dispersé et le butoir du 31 décembre 2021 n'a pas changé pour les personnels soignants. Ces derniers sont dans l'obligation  à cette date d'avoir entamé un schéma vaccinal.  

Les discussions sont difficiles dans les ateliers. Entre partisans du compromis, et ceux qui prônent l’intransigeance, ceux qui voient la politique comme alternative, l’affrontement n’est pas nouveau, mais il semble mener le front syndical au bord de la rupture. Depuis, trois jours  tout le monde est d’accord sur un point, la désunion.

FO quitte l'atelier santé 

Avant le réveillon de Noël, l'intersyndicale s'est fissurée. FO santé a quitté les négociations de l'atelier santé suite à des insultes proférées par des membres de l’UGTM et du SASM lors d’un comité technique d’établissements du centre hospitalier. 

Jean-Pierre Jean-Louis, secrétaire général de FO Santé affirme que lui et ses compagnons ont été insultés, victimes de comportements inadmissibles. Par la suite, les échanges ont été houleux à la maison des syndicats.

Jean-Pierre Jean-Louis
Jean-Pierre Jean-Louis du syndicat Force Ouvrière du Centre Hospitalier Universitaire de Martinique ©Martinique 1ère

Il est hors de question de participer à une intersyndicale atelier santé qui ne fonctionne pas. Si les collègues veulent que nous travaillons ensemble, on se met autour d'une table. On ouvre la plaie, on la nettoie pour qu'elle puisse bien cicatriser. Je respecte tout le monde, je veux que l'on me respecte. Nous poursuivrons la défense de l'intérêt collectif de la profession hors de cet atelier.

Jean-Pierre Jean-Louis - FO Santé

FO demande que soit clairement mis sur la table, les vraies questions que se posent les travailleurs, et non les discussions politiques, menées par une branche radicale du mouvement issue de l'intersyndicale.

Les représentants de Force Ouvrière de l'atelier-santé portent au nom des salariés leur cahier de revendications. Ils vont rencontrer  la direction du CHUM  pour obtenir une dérogation de la date butoir du 31 décembre. Selon le syndicat, l’hôpital ne pourra pas assurer la continuité des soins sans la présence du personnel non vacciné.

Des militants se radicalisent

Des militants  se désolidarisent de l'intersyndicale  pour créer une branche plus radicale dans les négociations. Ils ne reconnaissent pas l'accord de méthode signé avec les autorités et estiment que les ateliers n'ont aucune valeur.

Ce nouveau groupe s'est réuni hier (dimanche 26 décembre) pour organiser de nouvelles actions coup de poing. Une réunion qui, comme un symbole, ne s'est pas déroulée à la maison des syndicats, mais au niveau de l'entrée du port de Fort-de-France où le piquet de grève est toujours présent.  C'est ce groupe qui est à l'origine des blocages de la CTM et de l'ARS les 22 et 23 décembre 2021.

De nouvelles manifestations...

De son côté, l’UGTM-Santé ne veut pas faire de déclaration officielle. Ses représentants affirment que la mobilisation se poursuit jusqu’à l’obtention des revendications. Le butoir c'est le  31 décembre 2021. Le temps est court.

619171a943b6d_898-1239-frame-227.jpg
Serge Aribo, un des porte-paroles de l'intersyndicale de la santé. ©Martinique la 1ère

La CGTM et la CDMT, les deux organisations syndicales appellent à une journée de mobilisation mercredi 29 décembre 2021 devant la maison des syndicats dès 8 heures pour les suites à donner au mouvement.