Déchets : les centres de traitement de Martinique toujours bloqués… et les ordures s’accumulent

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Dans la plupart des villes, il n'y a pas de ramassage d'ordures depuis plusieurs jours ©JCS
2 sites sur 16 garantissent un service minimum à la demande du préfet, alors que les ordures s’entassent dans toutes les communes de l’île. Les grévistes réclament toujours des moyens supplémentaires et exigent une rencontre avec les présidents des communautés d’agglomérations.
La grève engagée depuis le 6 octobre 2020 par les agents de l’Union Syndicale Autonome de Martinique se poursuit. Seuls 2 sites de traitement sur 16 (au Robert et à Sainte-Luce) assurent le service minimum imposé par le préfet du territoire.

L’unique représentant du personnel au sein du SMTVD (Syndicat Martiniquais de Traitement et de Valorisation des Déchets), réclame toujours des moyens matériels et humains, notamment des techniciens de "qualification spécifique" d’après le représentant des grévistes, Hervé Diony.
 

Cette demande remonte à 2014. On a souhaité 35 techniciens, mais si nous atteignons le chiffre 20 ce sera déjà cela (…). Ce n’est pas possible de continuer ainsi, parce-que on est entrain de monter en puissance.

 

"Le président divise pour mieux régner"


Il y a un troisième problème ajoute le syndicaliste, c’est "le manque de sérénité qu’il y a au sein de la structure. En fait, le président lui-même (Sainte-Rose Cakin), crée une situation délétère. Il divise pour mieux régner".
 

Il autorise certains agents à avoir un comportement irrespectueux vis à vis d’autres collègues et de la direction, et pour nous c’est inacceptable, donc nous voulons lui demander des comptes et de ramener la sérénité au travail (..).
Il serait même prêt à créer un autre syndicat.

(Hervé Diony, secrétaire de l'USAM-SMTVD)


Les présidents des communautés d’agglos attendus


Dans ce conflit gangrené par des tensions internes, les grévistes (80% des 180 agents selon l’USAM-SMTVD) attendent également à la table des négociations, les 3 présidents des communautés d’agglomérations du nord (Bruno Nestor Azérot), du centre (Luc Clémenté) et du sud (André Lesueur), car "ils sont les principaux contributeurs du SMTVD" rappelle l'organisation syndicale.
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L'absence de service de ramassage d'ordures attire les rongeurs. ©JCS
 

Insalubrité dans les villes


Le syndicat se dit conscient des problèmes d’insalubrité que provoque le non-ramassage des ordures, faute de pouvoir les traiter sur les sites bloqués, mais il estime qu’"il n’y a pas d’autres moyens de se faire entendre par les responsables politiques".
 

Il faut que les administrés comprennent que le personnel en grève n’est pas responsable de la situation.
On ne les prend pas en otage en barrant les routes, mais en bloquant les sites de traitement, car c’est le seul moyen de pression que nous avons et nous sommes obligés de l’utiliser, pour ramener les gens à la négociation (…).

On ne peut pas traiter les déchets si on n’a pas les moyens, si on n’a pas le personnel qu’il faut et s’il n’y a pas de la sérénité au travail. 

(Hervé Diony, secrétaire de
l' USAM-SMTVD)


A ce jour (lundi 19 octobre 2020), aucun rendez-vous n’est prévu avec les politiques affirme le syndicat USAM-SMTVD, lequel menace de durcir le mouvement.

Pendant ce temps, les ordutres s'accumulent sur la voie publique, ce qui pose un problème d'insalubrité et toutes les municipalités sont concernées.

Le Code Général des Collectivités Territoriales (CGCT) "instaure la responsabilité des communes pour l'élimination des déchets des ménages (Article L 2224 -13)".
Cette compétence est obligatoirement transférée soit à la communautés de communes, à la communauté d'agglos ou à la communauté urbaine à laquelle appartient la ville.
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