Derniers ajustements avant le rapatriement des étudiants antillais bloqués au Canada

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UQAM : Université du Quebec à Montréal ©Jean-Claude Samyde
La Région Guadeloupe et la Collectivité Territoriale de Martinique prennent en charge le rapatriement des étudiants antillais bloqués au Canada. Les derniers ajustements sont en cours. La compagnie Air Caraïbes attend une autorisation de vol prévu pour le 6 juin 2020. Coût de l'opération : 120 000 €
Si le président exécutif de la CTM Alfred Marie-Jeanne a confirmé (mercredi 3 juin 2020) sa participation financière au coût du transport aérien des étudiants antillais avec la Région Guadeloupe, la compagnie Air Caraïbes attend l'autorisation de vol pour le samedi 6 juin 2020. Ce document est délivré par les autorités canadiennes. 

Une décision que les deux collectivités ont prise après avoir compris que l'Etat n'interviendrait pas dans le rapatriement direct des étudiants antillais. 

L'Airbus A 350-900 décollerait de Pointe-à-Pitre le matin pour atterrir à Montréal et repartir vers 14 h 30 pour la l'aéroport Pôle Caraibe de Guadeloupe. Atterrissage prévu vers 19 h 30. 

Les étudiants martiniquais prendraient dans la foulée un ATR tout spécialement affrété pour cette mission. Leur retour sur le tarmac de l'aéroport Aimé Césaire en Martinique est prévu vers 21 h. 
 

"C'est une véritable course contre la montre. Nos équipes sont opérationnelles mais il nous faut bien évidemment l'autorisation de vol donné par les autorités canadiennes. Le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères vient de nous donner l'assurance de son appui dans cette démarche.  - Yohan Paulin. Directeur délégué d'Air Caraïbes. 


Les étudiants de Martinique et de Guadeloupe qui font leurs études à Montreal, à Toronto, à Ottawa et au Quebec sont reférencés pour le vol du samedi 6 juin 2020.

Université: UQAM Canada
Le Canada une destination très prisée pour les études à l'UQAM (Université du Québec à Montréal) ©JCS

Ils ont passé le confinement dans leurs résidences ou appartements d’étudiants. Certains n’ont plus d'argent ni de logis. Ils squattent et s’entraident. Leurs parents ont dépensé des fortunes en billets d’avions devant les  incessantes annulations des vols d'Air Canada.

La Région Guadeloupe et la CTM débloquent la situation



Aurelie Nella, conseillère exécutive (Enseignement supérieur et recherche) à la CTM (Collectivité Territoriale de Martinique) a de son côté tout mis en oeuvre pour que les deux collectivités travaillent de concert dès le début de l'affaire.

Le député Jean-Philippe Nilor a relayé auprès du MAEE (Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères) la situation des étudiants antillais au Canada.

Il s'est appuyé sur la lettre ouverte du "Collectif des Parents des Étudiants Antillais demandant Rapatriement des jeunes. Un courrier qui avait déja été adressé au ministre de l' Europe et des Affaires Étrangères en date du 22 mai 2020.

"Le 13 mai 2020, vous aviez indiqué en réponse au Député Jean-Philippe NILOR que la situation de ces étudiants était suivie par le Consulat. Or, à la lecture des échanges ci-dessous avec Mme Nina François-Augrin, il s'avère que rien n'aurait été envisagé ni pour organiser le rapatriement de ces étudiants ni pour les assurer de pouvoir voyager sur le prochain vol à destination des Antilles ...". - Jean-Philippe Nilor. Député.

 
À la suite de ce courrier, le positionnement du MAEE est on ne peut plus limpide. Attendre la fin de la crise sanitaire ou prendre un avion Montréal-Paris-Pointe-à-Pitre ou Fort-de-France.
 

"Pour les Français résidant à l’étranger, dont font partie les étudiants antillais au Québec, notre recommandation a été dès le début de cette crise de les inviter à rester là où ils vivent ... Les liaisons aériennes depuis Montréal vers la métropole sont maintenues. Dans ce contexte, nous avons invité les étudiants ultramarins au Canada à attendre la fin de la crise et la reprise des vols directs entre le Canada et les Antilles ou à utiliser les vols commerciaux existants pour rentrer chez eux, avec un transit à Paris". - MAEE. Réponse adressée au député Jean-Philippe Nilor ce mercredi 3 juin 2020.


Trois ministères, le MAE (ministère des Affaires étrangères), celui des Outre-mer et de l'Intérieur ont travaillés sur le dossier.

La solution finale est venue de la Région Guadeloupe et la Collectivité Territoriales de Martinique.  Elles prennent en charge le rapatriement des étudiants antillais bloqués au Canada. Coût de  de l'opération 120 000 €.