Des cours d'improvisation pour aider les candidats à obtenir le baccalauréat

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Kendou Pelé (à droite) écoute ses élèves d'un jour lors d'un cours d'improvisation au lycée Schoelcher ©Xavier Chevalier
Cette année, les candidats à l'obtention du baccalauréat vont devoir passer un "Grand oral" pour obtenir le précieux diplôme. Afin d'éviter que les jeunes ne perdent leurs moyens face à un jury, le Martinique Comedy Club organise des cours d'improvisation dans les lycées. Des interventions plébiscitées par les postulants.

Entre le 20 juin et le 1er juillet 2022, les candidats à l’obtention du baccalauréat devront passer un grand oral. 

Pour le réussir, les élèves doivent bien sûr travailler sérieusement, mais ont aussi besoin d'un "petit plus".

En effet, certaines candidats sont peu à l’aise quand il faut s’exprimer devant le public ou un jury. Ce phénomène s’appelle la glossophobie. 

Pour y remédier, certains lycées, comme celui de Schoelcher, ont décidé de faire intervenir Kendou Pelé et son équipe du Martinique Comedy Club. 

Pourquoi faut-il être à l'aise à l'oral ?

Cette troupe d’artistes, donnent des clés pour être plus à l’aise. Il faut environ quatre ans de cours pour être plus serein. Mais les élèves n’ont pas beaucoup de temps, la formation se fait donc de manière accélérée.

Il faut travailler sur le verbal et le non verbal, plus méconnu mais tout aussi important. Les candidats ne doivent pas arriver comme des victimes, ils ne doivent pas se craquer les doigts, se gratter, se dandiner… il s’agit de gestes souvent inconscients mais qui renvoient une image négative. Ce qui est dit est important aussi. Quand un jeune doit se présenter, s’il dit "bonjour je suis Robert, fan de basket et de mode" plutôt "bonjour, je suis Robert", il oriente déjà les questions sur un sujet qu’il domine. L’examinateur voudra savoir pourquoi il s’intéresse à cette discipline.

Kendou Pelé, fondateur et directeur du Martinique Comédy Club

Mais cette initiation à l’improvisation n’a pas pour seul objectif de préparer les jeunes au grand oral. "De nombreux élèves devront travailler pour financer leurs études. Ils devront donc passer des entretiens. Ils ne sont pas encore prêts. À l’école, tout se joue par écrit, désormais, tout va se jouer à l’oral".

Comment se déroule un cours ?

Les cours suivent un schéma qui amène les participants à trouver eux-mêmes les clés. Dans un premier temps, l’intervenant pose une série de questions à son auditoire. "Pourquoi vouloir travailler ? Préférez-vous travailler avec des personnes que vous appréciez ou que vous détestez ?…".

Les réponses sont parfois surprenantes. Certains jeunes affirment vouloir travailler avec des personnes qu’ils détestent car "ils ne seront pas dérangés par leurs collègues" ou "ils ne seront pas tentés d’aller parler et rigoler avec la personne"

Puis les jeunes apprennent l’improvisation. Le professeur enseigne les bases avant de laisser la place au spectacle. 

Trois chaises sont disposées face aux élèves répartis en demi-cercle. L’enseignant débute avec l’une des personnes située à l’extrémité. Puis les élèves intègrent la situation à tour de rôle en fonction de leur place. 

Pour pouvoir quitter la scène il faut trouver une bonne raison, toujours grâce à l’improvisation. Il y a constamment au moins deux personnes qui occupent les chaises. 

Des jeunes plutôt enthousiastes

Cet exercice oblige les personnes à sortir de leur zone de confort et à se confronter au regard des autres. C’est cela, qui d’après l’intervenant, paralyse les orateurs et les fait subir la glossophobie. "Ils doivent lâcher prise et se faire plaisir" conseille Kendou Pelé.

C’était trop bien. Il faut vraiment que toutes les personnes qui passent le bac aient une discussion avec ce Monsieur. Je croyais être à l’aise à l’oral, mais en fait pas du tout. L’image que je renvoie n’est pas la bonne. Ça va vraiment me servir pour mon oral mais aussi dans l’avenir pour mes futurs entretiens.

François, élève de Terminal au lycée Schoelcher

Les cours d’improvisation sont ouverts à tous, du plus jeune au plus âgé car il n’est jamais trop tard pour lutter contre la glossophobie.