Des profils inattendus chez les personnalités en têtes des listes

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Montage 14 candidats têtes de liste territoriales
Les 14 candidats têtes de listes aux élections territoriales des 20 et 27 juin 2021. ©Martinique la 1ère

Décidément, les élections territoriales de 2021 en Martinique sont particulières sous plusieurs aspects. Une rapide analyse des têtes de liste le laisse à penser.

Diversité inédite. C’est le qualificatif qui convient le mieux aux candidatures à ce renouvellement de l’Assemblée de Martinique de 2021. Nous pouvons l’affirmer en établissant une comparaison avec les élections régionales depuis 1983. Les élections territoriales sont organisées, à quelques différences près, selon le même mode de scrutin que les élections régionales.

Tout simplement parce que la collectivité territoriale de Martinique, tout comme ses cousines de Guyane et de Corse, a été construite sur la base d’une région. Cette institution possède les prérogatives les plus larges et les moyens financiers les plus importants sur le plan local. La CTM, comme l’était la Région avant son avènement, est une institution politique. Le renouvellement de son organe délibérant est donc éminemment politique.

Sauf que cette année, une première analyse des profils des personnalités têtes de liste nous montre plusieurs changements par rapport au passé. Sauf sur le poids des femmes. Elles ne sont que deux sur quatorze à mener une liste cette année, comme en 2015. Pire, s’il y a autant de femmes que d’hommes sur chacune des listes, c’est uniquement parce que la loi sur la parité de juin 2000 l’exige.

Les femmes sont peu représentées…

 

La vraie nouveauté tient à la profession exercée par les têtes de liste. Nous comptons huit fonctionnaires ou agents de service public et d’organismes parapublics ainsi que six chefs d’entreprise ou professionnels libéraux. Des proportions jamais atteintes dans ce type d’élection. Il n’y a pas d’avocat ni de médecin cette fois, mais plusieurs sont présents parmi les 840 candidates et candidats figurant sur les quatorze listes.

L’affiliation politique aussi est différente par rapport aux élections antérieures. Huit candidats seulement représentent une alliance entre plusieurs mouvements politiques. Du jamais vu depuis 1983. Six candidats sont sans étiquette, bien que certains ont été des militants politiques.

Les élus représentent un faible contingent, la moitié seulement : une sénatrice (Catherine Conconne), deux députés (Serge Letchimy et Jean-Philippe Nilor), deux maires (Ralph Monplaisir et Yan Monplaisir), un conseiller municipal (Olivier Bérisson). Ajoutons le président sortant du conseil exécutif (Alfred Marie-Jeanne).

…les politiques aussi

 

Nous comptons ainsi huit personnalités n’ayant aucun mandat électif. Ce qui ne veut pas dire qu’ils sont novices en matière d’engagement civique. La présence de deux syndicalistes du monde ouvrier (Gabriel Jean-Marie et Marcel Sellaye), d’un militant des milieux socioprofessionnels (Philippe Jock) et d’une cheffe de parti politique (Béatrice Bellay), l’atteste amplement.

Notons aussi neuf listes sur les quatorze ont dans leur intitulé le nom "Martinique". Un signe à décrypter. Et, du jamais vu, là non plus, deux frères sont concurrents. Qui a dit qu’avec ces élections, plus rien ne sera comme avant ?