Elysée 2022 : la droite derrière Valérie Pécresse pour une campagne de tous les possibles

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Valérie Pécresse lors de sa victoire au congrès de LR, le 4 décembre 2021, à Paris. ©(CARINE SCHMITT / HANS LUCAS / AFP)
Le congrès du parti Les Républicains s’est conclu samedi 4 décembre 2021 par le choix de son candidat à l’élection présidentielle. La campagne électorale prend une nouvelle dynamique.

La droite a enfin son candidat à l’élection présidentielle d’avril 2022. Ou plutôt sa candidate : Valérie Pécresse, président du conseil régional d’Île-de-France, 54 ans, magistrate au Conseil d’Etat de profession. Elle est la 35e personne se déclarant candidat, selon la liste réactualisée par nos confrères de France-Info. Elle est la 9ème femme à briguer cette année le mandat de cinq ans de président ou présidente de la République.

Etre femme ou homme n’est vraiment pas l’essentiel en la circonstance. Il importe d’avoir une vision du pays que l’on veut diriger, une conception du monde, un programme de gouvernement et une équipe.

Autrement dit, une orientation idéologique (conservateur, réactionnaire, libéral, social-démocrate, communiste) et une conception du monde (un ensemble de valeurs morales et éthiques portant sur le contrat social entre les citoyens et l’Etat). Sans omettre un calendrier de mise en œuvre de son projet et une organisation de sa campagne électorale.

La candidate LR coche toutes les cases

Il va sans dire que la candidate investie par le parti Les Républicains coche tous les cases. Après sa désignation résultant d’une procédure hautement démocratique au sein d’un congrès de sa formation politique, elle porte une légitimité militante. Il lui faut désormais acquérir la légitimité populaire auprès des 42 millions d’électeurs.

Ce qu’elle s’attachera à tenter de réaliser. De fait, ce processus a commencé, avec la diffusion des premiers sondages d’intention de vote. En deux semaines, la candidate LR gagne 11 points, passant à 20% des intentions de vote, pour l’institut Elabe. Elle gagne 7 points, à 17%, pour l’IFOP.

Ces deux instituts avertissent que les résultats de ces enquêtes doivent être interprétés comme une indication significative de l’état des rapports de forces à un moment précis. Ils ne doivent pas être compris comme la prédiction des résultats du vote du 10 avril 2022.

La prudence est de mise, à quatre mois du premier tour de scrutin. D’autant que le tiers des personnes sollicitées par les instituts d’études de l’opinion publique déclarent ne pas s’intéresser à l’élection.

Un défi exaltant et complexe

Qu’à cela ne tienne. Le défi est exaltant pour Valérie Pécresse et son équipe. Les deux cœurs de cible à viser sont ces électeurs du candidat LR François Fillon en 2017 ayant l’intention de voter pour Emmanuel Macron cette année - 17% selon l’IFOP. Et en même temps, il faudra capter ceux qui, ayant voté Fillon, sont disposés à choisir les deux principaux candidats de l’extrême droite, 26% au total.

Précision : sur 100 personnes ayant voté LR il y a cinq ans, 54 prévoient de voter Pécresse en 2022. Une proportion insuffisante pour se qualifier au second tour. Un écueil que Valérie Pécresse s’apprête à contourner. Elle sait qu’il lui faut rassembler les deux sous-groupes des électeurs de la droite de gouvernement, les conservateurs et les libéraux.

Ces deux pôles se reconnaitront-ils dans son discours et dans son programme ? Tout indique que la candidate des LR se situe à l’exacte confluence de ces deux courants de pensée de sa famille politique. Un avantage considérable sur d’autres concurrents, certains étant jugés trop clivants et d’autres trop flous sur leurs intentions.