Les hôteliers de Martinique et du reste du monde, redoutent le pire après la crise

tourisme
Hôtel
©Jean-claude SAMYDE - Les hôtels sont fermés pendant la phase de confinement
Jusqu’à moins 70% de pertes, selon une première estimation avancée par Philippe Lecuyer, le président du club des professionnels du tourisme en Martinique. "Cette crise sera difficile à encaisser" !
Souvenez-vous, les hôtels-restaurants ont fait partie des premiers commerces à fermer boutique, à la demande du gouvernement le 14 mars 2020. Dans sa dernière allocution du lundi 13 avril 2020, le chef de l’Etat a avancé la date du 11 mai pour une sortie progressive du confinement.
Mais Emmanuel Macron a ajouté :

Les bars, restaurants, cafés, hôtels, cinémas, théâtres, salles de spectacles et musées resteront fermés à ce stade.


Un coup dur pour les professionnels de l’hébergement qui ont dû stopper prématurément la saison 2019 - 2020. Parallèlement, le chef de l’Etat a aussi promis des mesures "spécifiques" au secteur.

Un plan spécifique sera mis en œuvre pour les secteurs de l’économie durablement affectés par la crise : tourisme, restauration, hôtellerie, culture, événementiel, etc. Des annulations de charges et des aides spécifiques seront mises en place. (Elysée.fr)


Problème de trésorerie


Mais l’inquiétude est palpable chez les professionnels qui ont du mal à imaginer une suite sans casse.

La première difficulté est un problème de trésorerie. On travaille avec des intermédiaires que sont les tours opérateurs, les agences de voyages, ainsi que les plates formes de réservations en ligne, lesquels payent leurs clients...nous les hôteliers... qu’avec 90 jours de délai, donc janvier et février n’ont pas encore été payés. Par conséquent faire des avances pour le chômage partiel, c’est compliqué (...).

Et puis les conditions de la reprise, on ne les connaît pas, les dates non plus. Les clients devront-ils rester 14 jours en confinement une fois sur place avant d’entamer leur séjour, c’est un peu particulier quand même !

"J'ai des doutes" 

Philippe Lecuyer
©Préfecture

En juillet et août prochains, on va peut-être acceuillir la clientèle locale. Après, il faut anticiper les nouvelles façons d'exercer notre métier, aussi bien pour la restauration que pour l’hébergement. Il faut qu’on innove, on y réfléchit déjà et c’est le même problème pour les meublés de tourisme. Comment et dans quelles conditions recevoir le public, si public il y a... car venant majoritairement de métropole, j’ai des doutes.

Les métiers autour sont impactés

Tous ceux qui utilisent le tourisme comme vecteur économique sont touchés. Même si on nous disait vous pouvez rouvrir, le temps que les compagnies ou les agences de voyage vendent la destination Martinique et les sièges d'avion, cela demande un certain temps. Ces compagnies, elles même contraintes, ne vont pas mettre en circulation des appareils vides.

Entre -50 et -70% de pertes

 

Les pertes de chiffres d’affaires, selon la période de reprise, ce sera entre -50 et -70%. Même la marchande de pistaches près de la savane de Fort-de-France en pâtit. Seuls les 75 premiers jours de l’année 2020 ont été remplis.
Autre difficulté, la reconquête par l’accueil, car les touristes ont été stigmatisés comme les "importateurs" du virus. Il faudra repenser pour les mois, voire pour les années à venir, d’autres modes fonctionnement. Ce ne sera pas simple !

Des emplois menacés ?

L’activité partielle permet de garder le personnel sous CDI, mais tous les saisonniers ont été suspendus. Ils devraient être réembauchés d’ici au mois d’octobre si cela redémarre. En tous cas, certaines entreprises auront du mal à tenir, notamment les TPE. En termes de fermeture, même si ce n’est pas conséquent, il y aura quand même des impacts dans les mois et les années qui viennent. Une chose est sûre : cette crise sera difficile à encaisser. 
(Philippe Lecuyer, président du club Ziléa, le cluster du tourisme en Martinique).


La présidente du CMT (Comité Martiniquais du Tourisme), sait elle aussi, que la filière va souffrir longtemps de cette crise sanitaire. "Il y aura un avant et un après covid-19".
Karine Mousseau
Karine Mousseau présidente du CMT (Comité Martiniquais du Tourisme)
Dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, Karine Mousseau promet d’ores et déjà "un plan de relance" aux socio-professionnels du secteur.

La crise va impacter évidemment l’industrie touristique. Certaines entreprises sont en difficulté ou le seront. Nous sommes à vos côtés. Nous avons mis pour vous en place, un numéro vert : C’est le 0800 669 972

Nous vous aiderons à faire vos démarches (...). Et puis le CMT travaille déjà à l’après crise, travaille déjà sur plan de relance(...). Et nous voulons que la destination Martinique retrouve sa superbe. Avec vous, ensemble, nous le ferons.
(Karine Mousseau, présidente du CMT)

CMT
Affiche promotionnelle du Comité Martiniquais du Tourisme ©Cap Facebook CMT
Au delà de nos frontières, c’est l’ensemble de l’industrie touristique mondiale qui tousse déjà, face au conséquences néfastes du coronavirus, ce que redoutent tous les acteurs.
 

L'OMT, institution spécialisée de l'ONU, s'attend à une baisse des arrivées de touristes internationaux de 20 % à 30 % en 2020, soit plus de cinq fois le recul historique de 2009. La pandémie effacerait cinq à sept ans de croissance du tourisme international. (Source : lesechos.fr - 28 mars 2020)

Les Outre-mer en continu
Accéder au live