Éruption de la Soufrière : un habitant de Saint-Vincent témoigne

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Habitation à Saint-Vincent
Habitation à Sandy Bay, au nord de Saint-Vincent. ©K.K.G.

Depuis plusieurs jours les habitants de Saint-Vincent vivent au rythme des éruptions du volcan Soufrière. Les cendres volcaniques et une forte odeur de soufre perturbent la respiration. Kerwyn Kevon George, hébergé chez sa cousine depuis les premières fumées, raconte son difficile quotidien. 

Les traits tirés et la voix cassée, Kerwyn Kevon George accepte de raconter ce qu'il vit depuis le début de l'éruption de la Soufrière de Saint-Vincent.
Depuis trois jours, il est hébergé avec sa fille chez une cousine qui habite à Layou en zone verte. 

On est obligés de dormir par terre. Il n'y a plus d'eau, plus d'électricité, c'est très compliqué. Franchement, je ne sais pas quoi faire.

 

Nous tentons d'acheter des trucs de première nécessité, mais c'est très complexe parce qu'on ne peut pas sortir. Il y a la brume, la poussière. Quand tu respires ça, ça brûle, ça brûle ta gorge. Il y a des gens qui sont allés à l'hôpital parce qu'ils n'arrivent plus à respirer. 

 

 

Kerwyn Kevon George a très rapidement choisi de s'éloigner de son habitation de Chateaubelaire, en zone rouge.

Quand le volcan a pété, j'ai décidé de prendre ma fille, j'ai ramassé ce que je pouvais, les petites affaires dont elle a besoin, les couches, les choses comme ça.

 

Je suis partie avec ma femme et elle. Mais ma femme est chez sa mère parce qu'il n'y a pas vraiment assez d'espace ici. Et puis elle était inquiète, comme sa mère est vieille. 

 

Il y avait beaucoup de stress, des gens qui couraient partout, il y avait de la fumée, c'était très compliqué. 


Le gouvernement a mis en place des bateaux afin d'évacuer les habitants de la zone à risques. Mais désormais "à l'abri", en zone verte, il n'a pas pu embarquer. 

Il m'ont dit que je ne suis pas une priorité et que je ne pouvais pas embarquer. Honnêtement, je ne savais même pas où allait le bateau, je voulais juste m'enfuir parce que je suis inquiet pour ma fille. 

 

C'est très dur, la nuit il y a des tremblements de terre, tu entends que ça pète. C'est dur pour moi de dormir.  Je suis très stressé.  Et puis je ne sais pas comment ça va aller.

 

On a des nouvelles chaque jour par une application et ils ont dit que ça peut durer des semaines, même des mois.  Là, ça fait trois jours que c'est en éruption et c'est très compliqué. On n’a pas assez de "bouffes " pour durer longtemps. 


Kerwyn Kevon George espère pouvoir quitter l'île et emmener sa famille en lieu sûr.