Éruption de la Soufrière : une solidarité citoyenne s'organise pour les habitants de Saint-Vincent

catastrophes naturelles
Montages cendres sur Saint-Vincent 10/4
Les internautes publient des images des cendres qui se sont déposées au fil des heures. ©fitnesswithblack / Twitter @StvincentGren

Si rapidement certaines personnalités politiques ont manifesté leur soutien à nos voisins de Saint-Vincent fortement touchés par l'éruption explosive de la Soufrière depuis jeudi 8 avril 2021, aucune action concrète n'a été proposée. La Martinique est-elle prête à accueillir des réfugiés ? 

Impossible de voir les rayons du soleil ce samedi matin (10 avril 2021) à Saint-Vincent. Les habitants de l'île se réveillent sous un épais panache de cendres volcaniques et une forte odeur ambiante de soufre. Au sol, sur les véhicules ou encore sur la végétation, une couche importante de cendres s'est déposée au fil des heures. 

 

 

Désormais du Nord au Sud de l'île, les effets de l'éruption explosive du volcan de la Soufrière touchent tous les habitants. Les autorités appellent à la plus grande prudence et invitent les personnes qui ont des problèmes respiratoires à rester à l'abri. 

Depuis le 8 avril 2021, un ordre d'évacuation a été émis pour les habitants des 15 communes situées dans la "zone rouge" au nord de Saint-Vincent. Entre 20 000 et 30 000 personnes sont concernées.

Plusieurs îles de Caraïbe ont d'ores et déjà annoncé être prêtes à accueillir les évacués. Un peu moins de 190 kilomètres séparent la Martinique et Saint-Vincent. Une proximité géographique qui suggère une coopération dans une telle situation. 


Très rapidement certains politiques ont rapidement affirmé leur soutien, mais aucune proposition concrète n'a été faite aux autorités de Saint-Vincent.

Une initiative citoyenne

 

Trois jeunes, un Martiniquais et deux Guadeloupéens ont lancé depuis vendredi 9 avril 2021 une plateforme de solidarité. À partir de formulaire en ligne, ils souhaitent constituer une liste de personnes capables d’accueillir des réfugiés sur les deux îles. Mais également la forme que prendrait l'aide de ceux qui souhaitent être volontaires. Et enfin, une pétition afin de "motiver les pouvoirs publics à réagir".

Écoutez Zaka Toto, fondateur du média ZIST, membre de la Fabrique Décoloniale et l'un des instigateurs de la plateforme citoyenne pour apporter de l'aide aux habitants de Saint-Vincent.  

 

Zaka Toto (solidarité Koudmen SVG)

 

Quand on a vu ce qui s'est passé avec l'éruption volcanique et on peut le constater un manque de réaction officielle des institutions décisionnelles que ce soit les préfectures ou collectivité territoriale.

 

On a tout simplement décidé de tirer sur notre expérience de 2017 pour mettre en place une base de données qui permettrait de montrer notre capacité à pouvoir accueillir nos voisins et soumettre une liste déjà établie à qui de droit, afin de favoriser l'accueil de réfugiés potentiels. 

 

Un 2e formulaire pour pouvoir quantifier et établir une liste de volontaires. Un volontariat qui peut se faire sur plusieurs niveaux. 

 

Il s'agit de montrer qu'il y a une initiative citoyenne, de montrer qu'il y a des ressources et de montrer aussi à nos voisins que nous sommes là, d'envoyer un message et c'est important.  Et puis d'avoir finalement ces ressources déjà prêtes à la disposition, pour le moment où les institutions vont réagir et vont proposer des protocoles.

 

Selon Zaka Toto, plus d'une centaine de personnes se sont déjà inscrites par le biais de ces formulaires en ligne. 

On est un peu perplexes devant l'absence de réaction officielle. Plutôt que d'attendre ou de se plaindre, on a décidé de faire acte de proposition. Sur les retours des pétitions et formulaires, beaucoup de personnes en Martinique et en Guadeloupe ont envie d'apporter leur soutien à Saint-Vincent et à nos voisins caribéens. 


Une solidarité que souhaite également Albéric Marcelin. Mais selon le président de l'Université Populaire et de la Prévention, il faut qu'elle soit organisées par les autorités. 

Nous au niveau de la Martinique, il faut qu'on soit bien coordonnés.

 

Il faut que soit une collectivité majeure avec des organisations humanitaires expérimentées, qui ont l'habitude de ce type d'opération réalisée, par exemple sur Haïti, Porto Rico ou Saint-Martin.

 

Pour que la Martinique soit aussi dans le concert des nations de la Caraïbe pour apporter son aide à Saint-Vincent,

Albéric Marcelin, président de l'Université Populaire et de la Prévention. 


À la CTM, par le biais d'un communiqué, le président de l'Assemblée de Martinique, Claude Lise, a tenu à adresser un message de soutien. De plus ils affirme avoir "la conviction que la Martinique saura faire preuve d’esprit de mobilisation et prendre les initiatives nécessaires pour participer à un véritable élan de solidarité active".


Le préfet de Martinique qui est également préfet de la zone Caraïbe se dit à l'écoute et en lien avec l'ambassade de France, basée à Castries à Sainte-Lucie. Mais pour l'heure, "le gouvernement de Saint-Vincent n'a à ce stade exprimé aucune demande d'assistance", précise le cabinet.