La fête de Noël menacée par notre modernité

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Le père Noël Rivière Pilote
Le père Noël dans une famille à Rivière-Pilote. ©Martinique 1ère
La fête catholique de Noël est là. Il se dit régulièrement qu’elle est remise en cause, ayant perdu, depuis les 17 siècles qu’elle existe, de sa signification première au fil du temps.
Noël, fête romaine païenne, transformée par la chrétienté en fête religieuse sous l’impulsion de l’empereur Aurélien au 3siècle de notre ère, va-t-elle disparaître ? En tout cas, elle est devenue depuis longtemps un moment essentiellement festif et même hautement mercantile. Les catholiques tiennent à célébrer la naissance de Jésus-Christ, mais la dimension païenne des origines a largement pris le pas sur la dimension religieuse, au fil du temps, ici comme ailleurs, dans les régions où domine le catholicisme.
 
En dépit de la victoire, provisoire, de l’Occident sur les autres civilisations contemporaines ("L'Occident n'est pas un lieu, c’est un projet », disait Glissant), la fête ne s’est pas propagée dans les régions du monde où d’autres religions dominent, qu’elles soient monothéistes ou pas. Il reste qu’une trêve relative est observée à cette occasion dans le bruit ambiant du monde. Ce qui permet de se ressourcer sur quelques valeurs universelles, et pas seulement chrétiennes.
 
Par exemple : le partage, la solidarité envers les démunis, la joie que chacun devrait avoir au cœur, la générosité. Qui oserait dire que ces valeurs sont respectées ? Qui partage quoi, avec qui ? Qui se montre solidaire envers son prochain, sérieusement, chaque jour ? Qui peut prétendre que la joie de vivre le guide au quotidien ?
 
Force est de constater que la solidarité se dilue, que la misère partagée jadis est désormais cachée sous les habits factices d’une modernité inachevée ou mal assumée, que la joie est annihilée par les guerres, summum de l’inhumanité de l’être humain. Le message originel n’est plus aussi volontiers porté par l’Église catholique. L’institution ne sait plus où donner de la tête, concurrencée par l’augmentation de l’athéisme et une quantité d’autres religions.
 
Asé pléré, annou fété, manmay ! Du moment que nous savons que le monde s’arrête quelques heures pour respirer un air d’espoir et d’optimisme. Joyeux Noël !