France-Antilles : à moins d'un miracle, le groupe pourrait être liquidé

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France-Antilles
la une des éditions de Martinique et de Guadeloupe de ce mardi 14 janvier 2020 ©Martinique la 1ère
Ce jeudi 30 janvier 2020, le tribunal de commerce de Fort-de-France doit examiner la situation du groupe France-Antilles, en redressement judiciaire depuis le 25 juin 2019. AJR Participations, l'actionnaire principal, n'aurait pas bouclé son plan de reprise. Les salariés craignent la liquidation.
L'angoisse est à son comble chez les salariés du groupe France-Antilles en Martinique, Guadeloupe et Guyane. À quelques heures d'un rendez-vous crucial au tribunal de commerce de Fort-de-France, le bouclage financier ne serait toujours pas prêt pour sauver l'entreprise.

Selon un ancien journaliste du groupe, "il fallait que le tour de table soit bouclé mercredi 29 janvier 2020 à 15 heures (en Martinique). La somme de 1,3 million d'euros, nécessaire pour présenter le dossier, n'a pas été trouvée. À moins qu'un investisseur se présente ce matin à 9 heures", espère-t-il.

Le tribunal mixte de commerce de Fort-de-France avait effectivement repoussé à mercredi, le délai accordé à AJR Participations (société de Aude Jacques-Ruettard, petite-fille de Robert Hersant), l'actionnaire principal de France Antilles, pour finaliser le plan de reprise du seul quotidien de Martinique, Guadeloupe et Guyane, en redressement judiciaire depuis le 25 juin 2019.


Une si longue attente...


Le 14 janvier 2020, le tribunal qui a examiné les offres de reprise du quotidien, avait dans un premier temps accordé un sursis jusqu'au 27 janvier 2020 pour qu'AJR Participations, seul candidat dont l'offre a été retenue, boucle son plan de financement d'environ 7 millions d'euros. 
 

Un avis défavorable des salariés 


AJR Participations a fait une offre de reprise prévoyant de conserver 125 postes sur les 236 du groupe. Les salariés ont émis un avis défavorable sur ce projet qui envisage la fin d'une édition quotidienne au profit d'un journal publié trois fois par semaine (le lundi, le mercredi et le vendredi). Par ailleurs, les journaux seront imprimés en Guadeloupe puis acheminés en Martinique par bateau. La Guyane devra travailler exclusivement sur le numérique. 
 

De lourdes pertes


La situation est très défavorable. Le journal accuse des pertes de 500.000 euros par mois, pour un chiffre d'affaires annuel de 28 millions d'euros. Il faudrait au total 9 millions d'euros pour relancer le quotidien, et malgré une aide de l'État de 3 millions, et un apport de 3 millions d'euros par des investisseurs, il manque encore 1,3 million d'euros pour boucler ce financement, dans le cadre de la seule offre de reprise retenue.