Guadeloupe et Martinique dissoutes dans le chlordécone

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Qui se souviendra dans sept siècles de la publication du rapport de la commission parlementaire d’enquête sur le chlordécone ? Sept siècles étant la durée maximale de vie de la molécule toxique.
 
Vous pouvez lire cette chronique grâce à un traducteur simultané multilingue. Elle date du 27 novembre 2717. La langue créole parlée jadis en Guadeloupe et en Martinique a quasiment disparu. La langue française aussi. Ce n’est pourtant pas le bouleversement le plus important survenu ces sept derniers siècles dans ces deux territoires anciennement sous juridiction française.

Le plus spectaculaire de ces mutations est la disparition totale de toute trace de chlordécone de ces territoires. Et de leurs habitants aussi. L’environnement de ces îles est définitivement expurgé de ce pesticide. Il avait été employé dans les bananeraies durant vingt ans. Ce qui a été largement suffisant pour créer une pollution durable.
 

Les autorités savaient tout


Les gouvernements de l’époque étaient parfaitement informés de la haute toxicité des produits utilisée par les planteurs de banane. Lesquels connaissaient la dangerosité de ce pesticide destiné à éradiquer les bananiers contre un parasite mortel. Mortel, le chlordécone l’a été aussi pour des milliers d’habitants de ces contrées. Ils ignoraient que les légumes, les fruits, les poissons, la viande et les eaux étaient contaminés.

En vivant normalement, Guadeloupéens et Martiniquais se sont involontairement empoisonnés sous le regard cupide et intéressés de certains dirigeants politiques et de chefs d’entreprise. Les experts avaient prédit que l’environnement serait soumis durant six à sept siècles aux effets secondaires de la molécule. Leur pronostic s’est avéré exact. Les sols, les rivières et la mer sont redevenus sains en ce mois de novembre 2717.
 

La nature a repris ses droits


Aune méthode scientifique expérimentée ne s’est révélée probante. La nature a fait son oeuvre, tout simplement. Le chlordécone a enfin disparu. En revanche, ou en contrepartie, il n’existe plus aucun Guadeloupéen, ni aucun Martiniquais. Ces peuples ont disparu eux aussi. Quelques dizaines de milliers de leurs descendants ont eu la chance d’être évacués pour raison sanitaire.

Ces lointains descendants des Franco-antillais du 21e siècle n’ont pas oublié la culture de leurs ancêtres, obligés de quitter leur pays pollués. La planète compte désormais deux peuples sans pays, deux peuples réfugiés chimiques.

Le 27 novembre 2717, 700e anniversaire de la publication du rapport d’une commission parlementaire d’enquête ayant révélé partiellement les responsabilités des acteurs de cet empoisonnement, il n’y a plus grand monde pour se souvenir de ce drame humain collectif.
Plus grand monde hormis vous, les scientifiques envoyés en mission dans ces terres de désolation. Fin de l’histoire…
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