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Guyana : Elle traitait sa nièce "comme une esclave"

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Georgetown (Guyana)
Georgetown (Février 2014) capitale du Guyana ©David Stanley CC-BY
La justice du Guyana a condamné, en début semaine, une femme accusée d’avoir traité sa nièce "comme une esclave". La coupable est une femme d'affaires de 43 ans. Elle devra verser 4 300 euros à sa victime, une adolescente de 16 ans.
La juge Ann McLennan a reconnu l’accusée, Joyce Lawrence, coupable des faits qui lui étaient reprochés. Elle aurait notamment usé de moyens illégaux et menaces pour retenir sa nièce entre le 12 et le 14 décembre 2014. Il lui est reproché d’avoir séquestré tout un mois la carte d'identité de l'adolescente.
 
La jeune fille était employée par sa tante dans une boîte de nuit à Aishalton, dans le sud du Guyana en 2014, avant d’être emmenée dans la capitale Georgetown. Elle devait y travailler pour rembourser des sommes d’argent qu’on l’accusait d’avoir volées.

La tante avait passé un accord avec les parents de la jeune mineure, dans lequel elle promettait de l’employer pendant un an, moyennant un salaire de 130 euros par mois. La moitié de ce salaire devait être consacrée au paiement de la dette. 

"Esclavagiste des temps modernes"

La juge Ann McLennan a décrit le comportement de Joyce Lawrence comme celui d’une "esclavagiste des temps modernes". Dans son témoignage, l'adolescente a en effet, affirmé qu’elle était forcée d’assurer le nettoyage de la maison, la préparation des repas pour la famille et le soin des enfants de sa tante. Tombée enceinte en 2015, elle a été battue et malmenée, lorsque sa tante a appris la nouvelle. Durant sa grossesse et même après la naissance de son enfant, sa condition n’avait pas changé.
 
À la barre, Joyce Lawrence n'a pas réussi à prouver le paiement des salaires, ni le montant des sommes remboursées au titre des dettes de la jeune fille. Elle a admis l’exploitation de l'adolescente à son domicile. Son avocat a plaidé la clémence et a réclamé une peine avec sursis.

Condamnée à payer ou à aller en prison

Dans son réquisitoire, le procureur Neville Jeffers a pris soin de préciser que la victime, placée en détention protégée depuis huit mois, avait dû faire des dépenses pour elle et son bébé. Elle a ainsi accumulé une dette de près de 2 500 dollars pour le logement, la nourriture, les vêtements, entre autres. 

La juge a condamné Joyce Lawrence à une amende de 220 euros ou à une peine d'emprisonnement de huit semaines pour avoir retenu la carte d'identité de l'adolescente, et lui a ordonné de verser 3 830 euros à sa victime avant le 30 Septembre, sinon elle devra passer un an en prison.
 
Source : CanaNews 
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