Guyane : comment chiffrer l’espérance ?

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Greve Guyane 2017
Lors de la manifestation du 28 mars 2017 à Cayenne. ©JODY AMIET/AFP
La mobilisation populaire se poursuit en Guyane alors que le gouvernement a accepté d’investir 1 milliard d’euros pour combler certains retards, à la demande des collectifs citoyens. Ceux-ci restent intransigeants sur leur demande d’un plan plus ambitieux.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que l'écart de vision de la Guyane entre ses habitants et le gouvernement est abyssal. D’un côté, une série de mesures à mettre en œuvre dans l’immédiat, pour 1 milliard d’euros. De l’autre, l’exigence des collectifs citoyens d’un plan d’ensemble estimé à 2,5 milliards d’euros. La question se pose : à quelle somme se chiffre l'espérance du progrès ?
 
Le désaveu est cinglant pour le gouvernement socialiste en fin de mandat, élu sur le slogan "Le changement c'est maintenant". Ce qui n’exonère pas le gouvernement de droite précédent, qui ne s’est pas montré plus empressé pour mettre en route un ambitieux programme d’investissement afin de mettre ce territoire au niveau des autres territoires français.

Hormis la base spatiale, enclave technologique européenne, les infrastructures sont calculées au plus juste, les besoins de la population sont satisfaits au compte-gouttes. L’école, la santé, l’électricité, l’eau courante, les routes, les transports : pas un secteur sans carence. Quant aux télécommunications dans ce territoire d’où décollent les fusées porteuses de satellites de télécommunications, n’en parlons pas !
 
Les solutions existent, mais tardent à être rendues concrètes. Car la Guyane est un îlot de prospérité dans l’océan de misère de l’Amazonie. Son développement créée un appel d’air sans fin. D’où la réticence des gouvernements à s’impliquer davantage. L’autre raison historique, de ces retards structurels, c’est que le Plateau des Guyanes, du Vénézuela au Brésil, en passant par le Guyana et le Surinam, a toujours été défavorisé par apport aux îles à sucre de la Caraïbe. Un passé qui pèse encore.
 
Et qui nourrit la frustration et l’incompréhension de nombre de Guyanais las d’attendre que leur pays décolle enfin, à l’image de la fusée. Mais voilà : l’impatience peut-elle se chiffrer ? L’espérance peut-elle se quantifier ?