Haïti : l’ONU adopte un premier train de sanctions, "pour réprimer la violence des gangs"

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Les gangs ont imposé une violence permanente en Haiti ©MATIAS DELACROIX / AP
Ce vendredi 21 octobre 2022, le conseil de sécurité de l’ONU (l’Organisation des Nations Unies) a adopté à l’unanimité, une série de sanctions à l’encontre des gangs qui sévissent dans le pays depuis plusieurs semaines. Cette résolution s’appliquera "pour une période initiale d'un an".

Le projet de résolution établissant un régime de sanctions sur Haïti, a été adopté à l’unanimité vendredi 21 octobre 2022 par le conseil de sécurité de l’ONU. Il comprend "un gel ciblé des avoirs, une interdiction de voyager et des mesures d'embargo sur les armes".

Un an de sanctions

En outre, un comité sera chargé de désigner "les personnes et entités devant faire l'objet des sanctions", lesquelles s'appliqueront "pour une période initiale d'un an".

Dans le viseur de l’ONU, tous ceux qui participent ou soutiennent :

  • Des activités criminelles et la violence impliquant des groupes armés et des réseaux criminels, y compris le recrutement d'enfants, les enlèvements, la traite des personnes, les homicides et la violence sexuelle et sexiste.
  • Le trafic illicite et le détournement d'armes et de matériel connexe, ou les flux financiers illicites qui y sont liés.

Le Conseil cible également ceux qui entravent "l'acheminement de l'aide humanitaire vers et à l'intérieur d'Haïti", mais aussi ceux qui attaquent "le personnel ou les locaux des missions et opérations de l'ONU" ou qui fournissent "un soutien à de telles attaques".

Jimmy Cherizier, suspect numéro 1

Le texte de la résolution évoque le nom de Jimmy Cherizier (surnommé "Barbecue"), qui serait le cerveau d’une fédération de bandes organisées en Haïti, baptisée "Famille G9 et alliés".

Cherizier a commis des actes menaçant la paix, la sécurité et la stabilité d'Haïti, planifié, dirigé ou commis des actes qui constituent des atteintes graves aux droits humains.

L’ONU

"Une situation humanitaire déjà désastreuse"

Le vote de ces sanctions intervient dans le contexte d'une crise majeure en Haïti, où "la violence endémique des gangs et les troubles populaires généralisés, ont aggravé une situation humanitaire déjà désastreuse" déplore l’Organisation.

A cela s’ajoute la résurgence du choléra dans le pays, depuis le début de ce mois d’octobre 2022.