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Histoire : la nouvelle croisade du convoi pour la réparation

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Joëlle Ursull et Garcin Malsa lors du départ du Convoi pour les réparations lundi 11 mai 2015 ©Martinique1ere
Demain 10 mai, la 16e édition du Konvwa pou réparasyon s’ébranlera pour rappeler, une fois de plus, que la réparation des crimes que furent la traite négrière et l’esclavage des Africains n’est pas vraiment à l’ordre du jour.
Objectif du Konvwa pou réparasyon : convaincre le plus grand nombre de Martiniquais de la nécessité absolue de se mobiliser pour que l’État applique réellement la loi Taubira. Alors que ce texte a été adopté en mai 2001, hormis quelques mesures symboliques, le dossier n’est pas véritablement ouvert. Et ce n’est pas faute pour les militants de la réparation d’avoir utilisé tous les moyens légaux à leur disposition.
 

En France, l'État fait la sourde oreille

Or, le président sortant, qui fut socialiste à une époque et qui a eu dans son gouvernement une ministre de la Justice nommée Christiane Taubira, a fermé la porte à toute possibilité de réparation matérielle et financière des crimes qu’ont été la traite négrière et l’esclavage. La Cour de cassation lui a prêté main-forte par plusieurs décisions contestables.
 
A contrario, ce droit à la réparation avance dans notre région. Ainsi, l’ONU a décrété la décennie internationale des personnes d'ascendance africaine de 2015 à 2024, à la demande plusieurs pays de la Caraïbe et d’Afrique. Le Caricom réclame "des excuses réelles et sérieuses " aux gouvernements européens, ainsi que l'annulation de la dette de ses pays membres. Sans omettre la mise en place d'un programme de rapatriement des descendants des Africains déportés désireux de revenir vivre dans leur pays d'origine. Les anciennes colonies britanniques réclament également le développement de programmes de santé publique et de lutte contre l'illettrisme, ou encore le transfert de technologies et de savoir.
 
Des questions totalement ignorées par l’État français. Il est vrai que notre passivité ou notre indifférence ne l’incite pas à s’emparer de cette épineuse question. La majorité d’entre nous ne souhaite pas s’inscrire dans cette lutte ingrate. Pourtant, le droit est là pour nous rappeler que tout crime commis appelle réparation. Alors, qu’attendons-nous ?
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