JO : le sprint ultramarin en perte de vitesse, le regard de l'ex-athlète Vanessa Gladone

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Vanessa Gladone
Elle est la voix du 9h-11h sur l'antenne de radio Martinique 1ère pendant les vacances. A 34 ans, Vanessa Gladone est aussi une ancienne athlète de haut niveau membre de l'équipe de France. Nous lui avons demandé son sentiment sur les difficultés du sprint ultramarin. 
Vous l'avez sûrement déjà entendue sur l'antenne de Martinique 1ère. Vanessa Gladone anime l'émission Coup Double entre 9h et 11 heures. C'est une habituée des médias. Elle a déjà officié sur France Ô à la présentation de l'émission Couleurs Sport. Nous lui avons demandé de nous livrer son regard sur les difficultés que traverse le sprint ultramarin.

Vanessa, dans les séries et les finales des épreuves de sprint aux JO de Rio, les athlètes hommes et femmes de l'outremer ne sont pas là : comment expliquer ce désert générationnel ?

En effet, je crois que cela se voit clairement, il y a quelques temps, l'équipe de France, surtout en sprint était composée à 80% d'athlètes de chez nous. C'est vrai qu'aujourd'hui il y a un gros trou, moi je l'explique par le fait que l'athlétisme à l'école n'est plus tout à fait le même. On ne fait plus de triple saut : on fait peut-être du triple bond, du pentabond ou bien on fait des 3 fois 500, ça ne représente pas l'athlétisme que l'on voit à la télé.

C'est vrai qu'alors, se comparer à Usain Bolt c'est plus compliqué car aujourd'hui, ces disciplines n'existent pas, les disciplines d'aujourd'hui ne sont pas comparables donc pour moi il y a un manque de référence et puis la mondialisation, le fait qu'il y ait des réseaux sociaux, qu'il y ait des jeux virtuels, on a une plus grande facilité à se divertir, on a peut-être moins envie d'aller vers des disciplines qui sont difficiles. L'athlétisme honnêtement, on est très heureux une fois que l'on gagne mais s'entraîner, ce n'est vraiment pas drôle tous les jours. La jeunesse a tendance à apprécier les moments de partage différemment comme la Mercury Beach (elle sourit), ça ne se passe plus sur une piste et pour moi c'est peut-être ça aussi l'explication. 

Ce n'est pas une question de politique fédérale ?

La politique fédérale n'a pas changé selon moi. Les dirigeants ont toujours envie de développer des choses. Pour les enfants, il y a un petit circuit itinérant qui tourne partout en France pour essayer de découvrir de nouveaux talents donc la fédération a toujours envie. D'ailleurs, elle met en place certaines choses comme les petites équipes d'athlétisme, elle met en place de la marche nordique pour attirer les parents et inciter les enfants à pratiquer ,donc la fédération a toujours envie de développer. C'est à mon avis, la manière d'y accéder qui a changé. Avant, on faisait de l'athlétisme à l'école et on allait rapidement à l'Unss maintenant l'Unss (Union Nationale du Sport Scolaire) quand j'en parle aux jeunes, ils ne savent même pas ce que c'est.

Vous faites partie de la génération des Ronald Pognon et Christine Arron, quelle est la différence avec celle d'aujourd'hui ?

Je ne vais pas parler pour Ronald mais je sais qu'il doit être un peu de mon avis. Moi je sais que la perspective des voyages en équipe de France, ça me faisait rêver. De voir que je pouvais aller à Moscou, en Chine, ça me faisait rêver. Peut-être qu'aujourd'hui, les jeunes ne rêvent plus aux voyages, peut-être que les voyages sont plus accessibles aujourd'hui et peut-être qu'aujourd'hui, porter le bleu blanc rouge, ça ne fait pas rêver les gens alors que moi, ça me faisait vraiment vibrer. Jusqu'à maintenant, j'entends une Marseillaise et je suis presque au bord des larmes et je n'ai pas honte de la dire...Pour moi, ça représente tellement de choses, peut-être que pour la jeunesse, ça ne représente plus rien aujourd'hui.



Vanessa Gladone est âgée de 34 ans. Ses spécialités sont le triple saut, le saut en longueur et le saut en hauteur même si elle a également pratiqué l'heptathlon. Cette native de Schoelcher a commencé l'athlétisme à l'Us Robert alors qu'elle était au collège. Elle a ensuite poursuivi sa carrière en Guadeloupe ou elle était étudiante. Remarquée par des spécialistes nationaux, elle s' inscrit en 2003 au club de Val-de-Reuil (Normandie), le club dirigé par l'ancien président de la Fédération Française d'Athlétisme. Elle y reste jusqu'en 2011 avant de s'inscrire à Franconville ou elle va terminer sa carrière en 2013. Demi-finaliste au triple saut aux mondiaux de Berlin, elle a remporté une médaille d'or au triple saut et une autre d'argent en longueur aux jeux de la Francophonie qui se sont déroulés au Liban en 2009. Elle a été plusieurs fois championne de France dans ces disciplines, tant chez les jeunes que dans la catégorie Élite.