Journée mondiale du bonheur : confinement, couvre-feu, pandémie, les Martiniquais se disent heureux malgré le contexte anxiogène

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Front de mer de Fort-de-France
Des personnes sur le front de mer à Fort-de-France ©Xavier Chevalier

Les Martiniquais ont le sourire. Malgré la pandémie liée à la covid-19, ils ont découvert de nouveaux plaisirs qui les rendent heureux. Une bonne nouvelle en cette journée mondiale du bonheur. 

Ce samedi 20 mars 2021 se déroule la journée mondiale du bonheur. Interrogée à ce sujet, la population est globalement heureuse.

Stéfanie distingue sa vie personnelle et celle des personnes qu’elle fréquente. "J’ai de la chance. Je peux circuler librement. Je peux aller à la plage. En Martinique, quoi qu'on en dise, on a beaucoup de chance. Il faut regarder ce qu’il se fait ailleurs et puis se rendre compte de cette chance".

Des Martiniquais se disent heureux

 

Julie est plus mesurée. Elle se décrit comme une personne optimiste mais concède qu’avec le contexte actuel c’est compliqué. "Je suis très préoccupée par le fait de vivre dans une société qui devient de plus en plus dépressive. Je ne me sens pas heureuse en tant que société. En revanche tout va bien dans ma vie personnelle. Je suis une personne très famille, et ces périodes m’ont permis de passer encore plus de temps avec mes proches. Durant les longs mois de confinement, j’ai redécouvert ma maison et mon jardin avec mes enfants. Malgré tout j’étais triste pour les personnes qui n’ont pas la même chance que moi" affirme-t-elle.

André est lui aussi sceptique. "Heureux c’est beaucoup dire. Ça va, je vis bien, je ne suis pas à plaindre, il y a toujours pire que nous. Mon bonheur c’est d’apprendre à relativiser et à accepter les choses".

Les autres personnes interrogées s’estiment heureuses. Les confinements, ainsi que les périodes de couvre-feu, étaient mal acceptés par les Martiniquais qui ont eu le sentiment d'être privés de liberté. Puis avec le temps, ces périodes ont été bénéfiques. En effet, en passant moins de temps au travail, en se libérant de la pression et de la fatigue, les Martiniquais ont eu plus de temps pour s’abonner à leur loisirs et à la famille. Certains confient avoir redécouvert le plaisir simple de cuisiner des bons petits plats ou de lire, tout simplement.

La famille de plus en plus importante

 

Des concitoyens ont mis à profit cette période pour se questionner et faire une introspection. C’est notamment le cas d’Hélène, "j’ai cherché qui je suis, la raison de la vie, d’où je sors. Surtout pour nous les noirs. Nous avons été déportés, on ne connaît pas nos origines. Ces périodes m’ont permis de questionner des gens qui connaissent, de lire des livres et de regarder des vidéos sur le sujet. Cela m’a permis de renouer avec mes racines".

Laura arbore un grand sourire. Alors qu’elle faisait ses études à Paris, elle est rentrée en Martinique pour avoir plus de liberté et pour profiter de sa famille ainsi que de ses amis. Elle en profite pour sortir et aller le plus souvent au restaurant.

Dans l’ensemble, les Martiniquais interrogés se disent heureux. Ils profitent des petits bonheurs simples de la vie. La famille retrouve une place centrale dans le quotidien...