L’Afrique résiste à la pandémie en dépit de prévisions pessimistes

Prise de température d'un passager à l'aéroport international d'Accra. Le Ghana fait partie des pays africains qui ont fermé leurs frontières aux étrangers venant des pays les plus touchés.

Contrairement à des prévisions pessimistes, l’Afrique résiste relativement bien à la pandémie de Covid-19. La prudence reste de rigueur, mais la situation aurait pu être pire.

Dix mois après le début de la pandémie de Covid-19, le continent africain a déjoué les pronostics les plus pessimistes sur le désastre sanitaire qui devait le frapper. Deux chiffres l’attestent. Le continent compte 1 milliard et 200 millions d’habitants, et la France 67 millions, soit 18 fois moins. Or, le nombre de décès s’élève à 35 000 dans les deux cas.

Proportionnellement, l’Afrique s’en sort beaucoup mieux que l’Europe. Pourtant, plusieurs chercheurs occidentaux prédisaient un désastre sanitaire. Une crainte fondée sur les faiblesses des systèmes de santé. Ils n’auraient pas pu absorber l’épidémie, selon eux. Il n’en est rien. La propagation du virus a été fortement entravée.

Tout d’abord, par la jeunesse de la population africaine. La moitié des habitants du continent ont moins de 20 ans. Les jeunes étant moins susceptibles, en général, que leurs parents et grands-parents de développer des formes graves de la maladie, le nombre de décès est nécessairement faible, comparé à un territoire à la population plus âgée.
 

Une population jeune et dispersée


Le deuxième facteur tient en la faible densité de la population du continent. Le taux d’urbanisation n’atteint pas les 50% en dépit de l’existence d’une soixantaine de mégapoles comme Lagos, Le Caire, Kinshasa, Khartoum, Luanda, Dakar, Alger. Mais elle compte aussi de nombreux et immenses espaces inhabités où le risque de contamination entre deux personnes est quasiment nul.

La prudence est de mise, cependant. « Le continent n’est pas à l’abri d’une seconde vague et le chemin pour sortir définitivement de la crise est encore long » selon la directrice de l’agence régionale de l’OMS. Il est impossible de prétendre que les 54 Etats vont lever ou assouplir à brève échéance les restrictions d’aller et venir, voire le confinement.
 

La prudence reste de rigueur


Au Rwanda, par exemple, le gouvernement ne transige pas. Un confinement strict reste en vigueur, les récalcitrants sont arrêtés, la police patrouille pour empêcher les rassemblements, même privés. Idem chez le voisin d’Ouganda. Non loin, au Kenya, les bars rouvrent, mais les écoles restent fermées.

Le Maroc, porte d’entrée de l’Europe, est en semi-confinement, entre couvre-feu et restrictions strictes. Même prudence au Nigeria, où le gouvernement ne veut pas encore se féliciter de la baisse des contaminations. Au Sénégal comme en Afrique du sud, des chercheurs natifs contribuent, dans des laboratoires performants, à la recherche d’un vaccin.

Plus que jamais, les dirigeants politiques d’Afrique sont disposés à tirer les leçons d’une épidémie qui n’a rien à voir avec le désastre annoncé, en restant résolument optimistes. Tout le monde ne peut pas en dire autant sur la planète.