L'écrivaine martiniquaise J.S Serbin décrit "Un Monde Covidé"

coronavirus
J.S Serbin
L'écrivaine martiniquaise J.S Serbin. ©JSS
L'écrivaine martiniquaise J.S Serbin, adresse à notre rédaction une tribune intitulée "Un Monde Covidé".

 

Je ne suis pas médecin, je ne suis pas scientifique, je ne suis qu’un être humain parmi tant d’autres, une simple littéraire. Une écrivaine autopubliée, méconnue à ce jour, qui ne peut s’empêcher de continuer à penser et à poser ces pensées face à cet éclatement collectif, ces actes me conférant encore, une existence.

 

Nous assistons depuis maintenant à peu près 18 mois à la naissance d’un monde covidé. En effet, l’émergence de ce virus fort virulent enclave toute liberté humaine. Nous sommes confinés.

 

Nous n’avons plus de vie sociale. Les plaisirs de la vie même la pratique du sport en club, nous sont ôtés. Les rires ne résonnent plus, les partages joviaux n’existent plus. Chacun en est astreint à rester dans son coin pour se protéger de l’autre devenu biologiquement dangereux.

Couvre-feu / Covid-19 / coronavirus
Couvre-feu sur un boulevard de Fort-de-France. ©Guy Etienne

 

La covid entretient et multiplie les discordes au sein même des réseaux sociaux, œil de la vie numérique, constituant la vie privée même de la communauté, entrant dans son domicile même quand elle y est recluse.

 

Et, force est de constater que chacun se déchire voulant imposer le règne de sa conviction : vax et antivax se bouffent le nez et se déchaînent à distance. Chacun amenant sa documentation et ses références, bouleversant les consciences, blessant les sensibilités.

 

Ce temps du repli s’emplit ainsi, de guéguerres inutiles quand notre existence et notre essence même, sont menacées. Accroissant sens du jugement et sens de la critique, tares damnées et innées de notre humanité.

 

Les récalcitrants bravent les consignes de sécurité, manifestant dans la rue sans masque, au nez et à la barbe des médias, défiant ainsi, le monde entier. D’autres continuent à faire la bringue en catimini. Vivre avant de mourir, "CARPE DIEM" sans rédemption.

 

Ceux qui respectent la distanciation sociale vivent désormais, en repli tels des ermites. Nous voilà revenus à la vie de Cro-Magnon terré dans sa grotte. Oui pour la vie, disent les récalcitrants ; mort à l’aliénation de notre liberté.

Couloir de l'hôpital
Couloir de l'hôpital Pierre Zobda Quitman à Fort-de-France. ©Martinique la 1ère

 

Cependant, les hôpitaux enflent de ces partisans du goût du risque et le personnel hospitalier morfle de ces imprudences. On se rend compte alors, que les besoins du domaine de la santé n’ont pas été anticipés pour faire face à l’ampleur d’une telle hécatombe.

Pas assez de matériel notamment de respirateurs, d’oxygène denrée devenue plus que jamais vitale, pour entretenir la vie. Pas assez de personnel qualifié pour gérer cet afflux massif de malades.

 

Et tandis que ce personnel solidaire se bat au quotidien au fief même de la maladie, astreint à des mesures de sécurité draconienne, la peur au ventre pour les siens, il doit encore faire le tri. Et choisir sur critères ceux qui seront les heureux bénéficiaires de ces marchandises qui valent désormais, le prix de l’or de la vie.

 

"On attend de voir les effets secondaires du vaccin", disent encore certains : mais, ce temps, l’avons-nous ? Car, il semble que pour une bonne partie de l’humanité, le temps soit compté. Avons-nous encore, le choix ?

Gens dans la rue
Des passants à la rue piétonne de Fort-de-France (Image d'illustration). ©Martinique la 1ère

 

Sinon, on cède à la peur et on s’isole. Ou alors, on prend le risque de continuer à vivre comme avant. Le risque de s’exposer, de rallier ceux qui partagent nos idéaux et notre culte du plaisir et de les entraîner avec nous vers ce sillage hasardeux. Vivre suspendu à un fil.

 

Les conséquences du vaccin seront peut-être énormes et constitueront peut-être des séquelles dont nous saurons plus tard les affres. La vaccination est lourde de conséquences et n’empêche pas d’attraper le virus, elle évite la saturation de l’hôpital, la réa, voire la mort, affirment les statistiques et encore si on n’est pas trop porteurs de comorbidités. Elle évite les séquelles irréversibles conduisant à la rééducation de nos fonctions élémentaires.

 

Ce temps de l’incertitude, ce temps des effets secondaires du vaccin, risquent de durer des années ; ce temps, nous ne l’avons pas. Vax ou non-vax ? Dans les deux cas, les incertitudes règnent alourdissant notre dynamisme vital, tuant notre joie de vivre, nous isolant et nous éloignant les uns des autres davantage.

centre de vaccination Lamentin
File d'attente au centre de vaccination du Lamentin. ©Audrey Govindin

 

Nous sommes désormais, en lutte pour notre survie et pourtant, face au danger et à l’atteinte de notre vie ; les clans se déchaînent. Partisans de l’Ivermectine et autres traitements médicamenteux se heurtent aux partisans du vaccin.

Cette dissension occasionnant rage et colère de tout un chacun, entretenant les divisions et nourrissant l’antagonisme.

 

Nous sommes en guerre et pas seulement contre le virus, entre nous-mêmes, hélas. Renforçant dissensions, occultant le respect de l’autre, le respect de sa pensée, le respect de ses convictions dans toute sa diversité ; l’amour du prochain, s’y perd.

 

L’homme devait déjà affronter la peur de la mort et son impuissance face à la fuite du temps. Maintenant, il n’est qu’un joujou, une pacotille dont l’univers fait bien peu de cas. A quoi bon s’agiter dans tous les sens comme un tic-tac, quand on n’est plus qu’une horloge dont on ne détient pas le mécanisme ?

Ambulance devant hôpital
Ambulance devant les urgences de l'hôpital Pierre Zobda Quitman à Fort-de-France. ©Martinique la 1ère

 

On en est au stade où le covidé meurt asphyxié, où sa toute-puissance n’est plus qu’un mirage et où ses proches pleurent de douleur et de chagrin. Soit on est embrassé par le virus par le vaccin. Soit, on est totalement violemment violé par le virus sans son consentement et parfois, les deux.

 

Oui, le virus règne désormais, en maître de l’univers et nous sommes devenus ses pantins ou ses victimes. Il n’a pas seulement pris possession de notre ère physique, il a pris également le contrôle de nos esprits. Il règne sur l’homme en despote capricieux, saisissant à bras le corps ses proies. Violant l’intégrité corporelle et/ou mentale de notre humanité.

 

Maître à bord face à notre vulnérabilité, favorisant la montée infernale de nos défauts humains. 

J.S Serbin