La faune martiniquaise sur la liste rouge des espèces menacées

environnement
animal : longicorne de la Martinique
Dendrobias maxillosus © Julien Touroult - Dendrobias maxillosus, ce longicorne de 15 à 25 mm est strictement endémique de Martinique.
La faune martiniquaise figure sur la liste rouge des espèces menacées. 15 ont déjà disparu, 62 sont menacées et 56 autres sont très fragilisées. Le Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a publié ses travaux ce mercredi 22 avril 2020.
15 espèces ont déjà disparu, 62 sont menacées et 56 autres sont quasi menacées en Martinique.

Les analyses réalisées par le Muséum d'histoire naturelle et publiées le 22 avril 2020 concernent en particulier les oiseaux, les mammifères, les reptiles, les amphibiens, les mollusques, les poissons et macro-crustacés d’eau douce, les libellules, les papillons de jour et une partie des coléoptères.
Une liste rouge des espèces menacées a été établie.
 

La chlordécone a encore un impact


La Chlordécone, une molécule insecticide rémanente utilisée autrefois dans les bananeraies, a encore un impact sur la faune et affecte potentiellement de nombreuses espèces telles que la crevette transparente et la Limnée de Cuba, classées “Vulnérables”, ou encore le Martin-pêcheur à ventre roux classé “en danger critique”.
 

Pollution lumineuse


L'extension urbaine entraîne également une pollution lumineuse préjudiciable pour les espèces nocturnes, en particulier pour les chauves-souris comme le Murin de la Martinique ou les coléoptères comme le Dynaste Hercule, tous deux classés “Quasi menacés”.
Espèce endémique : le Rat musqué de la Martinique
Rat musqué de la Martinique Megalomys desmarestii est considéré comme éteint depuis le début du XXe siècle. ©Rat musqué de la Martinique Megalomys desmarestii est considéré comme éteint depuis le début du XXe siècle.
Sur les plages, elle perturbe les tortues marines venant pondre et le départ en mer des juveniles. Même si elle fait l’objet de réglementations, la chasse peut avoir un impact non négligeable sur certaines espèces. Les oiseaux, dont beaucoup sont chassables, sont les principaux concernés par cette pression, tout comme certains mammifères.
 

Le braconnage 


La chasse a probablement été l’une des causes de la disparition du Rat musqué de la Martinique, autrefois endémique et désormais éteint.

À cela s’ajoute le braconnage, dont l’importance est difficile à quantifier du fait de son caractère illégal, qui concerne par exemple le prélèvement d'œufs chez les oiseaux ou les tortues marines.

Des poissons comme l'Anguille américaine, classée “En danger”, ont été quant à eux soumis à une forte pression de pêche, avant que celle-ci ne soit réglementée.

La pêche a également des répercussions indirectes sur beaucoup d'espèces marines, telles que le Cachalot classé “En danger” ou la Tortue imbriquée classée “Vulnérable”, qui se retrouvent enchevêtrées dans les filets ou percutées par les navires.

Les mammifères marins subissent en plus la réduction de leurs ressources alimentaires.

Les ancres des bateaux de plaisance participent aussi à la détérioration des herbiers qui représentent les zones d'alimentation d'espèces comme la Tortue verte.
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Enfin, bon nombre de ces espèces marines sont victimes de la pollution sonore et de la pollution plastique des océans.
 

Introduction des espèces exotiques


Comme pour la plupart des systèmes insulaires, la Martinique est directement affectée par l'introduction d'espèces exotiques pouvant devenir envahissantes.

Par leur prédation, le Rat noir et la Petite Mangouste indienne sont devenus une menace majeure pour de nombreuses espèces indigènes, à l'exemple du Moqueur gorge-blanche et de la Couleuvre couresse, tous deux classés “En danger critique”.

Les activités touristiques, quant à elles, génèrent une pression supplémentaire de dérangement pour les mammifères marins, les tortues marines et certains oiseaux, tels que le Pluvier de Wilson et l'Huîtrier d'Amérique, classés “En danger critique”, en perturbant leurs sites de nidification.

Concernant les sorties d'observation des baleines, l'activité est désormais encadrée pour limiter les impacts négatifs sur les mammifères marins sensibles comme la Baleine à bosse, classée “Vulnérable”.
 

Le colibri à tête bleue en danger


Le changement climatique constitue une autre menace, surtout en altitude où les aires de répartition et les ressources disponibles se réduisent face aux modifications des conditions environnementales.
Colibri à tête bleue Cyanophaia bicolor
© Fabien Lefebvre - Colibri à tête bleue "Cyanophaia bicolor"
Le Colibri à tête bleue et une grenouille comme l'Allobate de la Martinique, classés respectivement “En danger” et “En danger critique”, risquent d'être directement touchés par cette menace.

Pour répondre à ces menaces, des programmes de conservation ont été lancés, des protections réglementaires ont été mises en place et des aires protégées sur terre et en mer ont été créées.

Les résultats contribueront à identifier les priorités d'action et à orienter les futures stratégies d'acquisition de connaissances et de conservation. Des initiatives pour sauvegarder le patrimoine naturel exceptionnel et fragile de la Martinique.

Sur les 427 espèces indigènes évaluées, près de 15 % apparaissent menacées.
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