Le chantre du patrimoine martiniquais, Loulou Boislaville aurait eu 102 ans

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Loulou Boislaville
Loulou Boislaville, né le 8 janvier 1919 à Fort-de-France, est mort le 15 mars 2001 dans la même ville. ©Martinique La 1ère

Né le 8 janvier 1919, mort le 15 mars 2001, Lucien Louis Boislaville dit "Loulou" aurait eu 102 ans. Il est à l’origine du maintien de certaines traditions patrimoniales comme Noël et le Carnaval. Avec le groupe folklorique devenu plus tard, Ballet martiniquais, il fut un de nos ambassadeurs.

Cette grande figure incontournable et emblématique, fils d’un architecte et d’une marchande de fruits et légumes a hérité de ses parents la dignité, la simplicité et le désir de servir les autres et de servir son pays.

Être au service du pays et de l’humain

 

Son engagement est total. On le retrouve plein de vie, dans son adolescence. Animateur avec les éclaireurs de France, Il apprend les valeurs et le sens de l’honneur. Plus tard, il se porte volontaire pour l'armée mais il est recalé car considéré comme frêle.

Le ballet martiniquais et l’apport visionnaire de Loulou

 

Quand Loulou Boislaville intègre "Le Groupe Folklorique Martiniquais" dirigé par Alexandre Nestoret, il a tout juste 22 ans. Sa passion pour la musique est forte. Il habite au quartier des terresainvilles, qui regorge de musiciens de talent.

Le groupe folklorique connaît les beaux jours. Sa popularité dépasse les frontières de la Caraïbe, tant et si bien, que le groupe décroche en 1952 la médaille d'or au festival de Porto Rico.

Infirmier et responsable des loisirs

 

Il n’y a jamais de hasard dans la vie mais des rencontres. Son amour des autres, le conduit comme son ami Maurice Jallier à embrasser la carrière d’infirmier. Tout naturellement, la direction lui confie la responsabilité de s’occuper des loisirs à l’hôpital psychiatrique de Colson (à Fort-de-France). Il se produit aussi à l’hôpital civil, à l’Ermitage, à l’hôpital Clarac (à Fort-de-France).

La dimension du ballet

 

C’est alors que le préfet de l’époque lui demande d’animer les bateaux de croisières : Colombie, Irpinia, Antilles, Flandre. Le dynamisme de Loulou lui permet de conduire le groupe folklorique plusieurs fois à travers le monde.

Beaucoup d’artistes lui doivent leur carrière. Le ballet était un passage obligé pour Ti Émile, Vava Grivalliers, Eugène Mona, Marcé, Jean Claude Lamorandière, Christian Gernet...

Grâce au travail de Loulou Boislaville, le secteur du tourisme était florissant, en ce temps-là.

La tradition des cantiques de Noël

 

Cet auteur compositeur interprète s’est toujours battu pour garder et transmettre les coutumes du pays. Il a donc réalisé un travail colossal en recensant des cantiques de Noël chantés dans nos campagnes. Si cette tradition forte perdure, c’est grâce au livret qu’il a laissé.

Travailleur acharné, il a aussi relancé le carnaval avec une série de chansons.

Il a assuré sa relève en faisant appel à Ronny Aul pour assurer les chorégraphies et à Suzon Sainte Rose qui perpétue cette action de valorisation de notre patrimoine en compagnie de Léandre Moreau.

Un autre digne héritier s’appelle Guy Méthalie, tout comme son père spirituel, il continue à chanter. "C'est un grand homme qui a su transmettre, un ambassadeur par excellence qui aimait profondément son pays", estime Guy Méthalie.

Des compositions remarquables

 

"Hermancia", "Gran me gran" "Abandon" "La Sirèn", sont des anthologies. Pendant sa retraite, il s’est occupé à la fin de sa vie de chorale du 3e âge. Ce père de 5 enfants dont Delly et Zaza, a  été fait "Commandeur de l'Ordre National du Mérite" en 1994. Son épouse Simone est encore vivante et a fêté son 100e anniversaire en février 2021.

Une  place dans la commune du Prêcheur porte son nom. Et notre station multimédia, est située à la rue Loulou Boislaville qui aurait eu 102 ans.