Le septennat de Valéry Giscard d’Estaing vu de Martinique, une bouffée de modernisation

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©SVEN SIMON / dpa Picture-Alliance via AFP
L’ancien président de la République est décédé mercredi 2 décembre 2020 des suites d’une infection au virus Covid-19. Que retenir, depuis la Martinique, de son mandat étalé de 1974 à 1981 ?
Élu de justesse en 1974, Valéry Giscard d’Estaing devance nettement le socialiste François Mitterrand en Martinique. Un résultat imputable au patient travail mené par la fédération de sa formation, l’Union pour la démocratie française, l’UDF, avec Roger Lise, Jean Maran, Miguel Laventure, entre autres dirigeants.

Son unique voyage en Martinique, quelques jours après la Guadeloupe, en décembre 1974, l’amène à rencontrer le président américain Gerald Ford. C’est le premier sommet de chefs d’Etat dont la Martinique est le cadre. La rencontre se tient à Basse-Pointe, à la Plantation Leyritz, transformée en hôtel de luxe. Ce sommet contribuera à la notoriété de l’établissement.

Le déplacement de "VGE" est marqué par un rendez-vous manqué avec Aimé Césaire. Le service de sécurité de l’Elysée déconseille au président de se rendre jusqu’à l’hôtel de ville de Fort-de-France y rencontrer son député et maire de la ville. La foule est dense et accueillante, même si elle comprend quelques manifestants partisans de l’autonomie.

Cette erreur d’appréciation vaudra à Giscard une phrase au ton cinglant de Césaire. "Le coq français a refusé le combat face au coq martiniquais", dira-t-il. Le président lui répondra le lendemain dans la presse qu’il ne conçoit pas les relations entre élus comme un combat de coqs.
 

Des réformes sociales et économiques


Réformateur sur le plan des moeurs Giscard l’est aussi sur le plan économique. Il est l’artisan de la départementalisation dite adaptée de l’outre-mer. Durant son mandat, le niveau de vie de la population s’améliore, notamment grâce à l’augmentation des prestations sociales. Les allocations familiales sont plafonnées, considérées comme un facilitateur de natalité.

Il accélère l’intégration de l’Outre-mer dans l’ensemble français et européen. Durant la même année 1975, il nationalise l’électricité et permet l’implantation d’EDF. Puis c’est la suppression de la monnaie locale, inutilisable hors du territoire, au profit du franc français.

Sa politique est jugée globalement positive chez nous. Preuve en est, à l’élection présidentielle de 1981, les électeurs martiniquais renouvellent leur confiance au président libéral avec 88% des voix au second tour contre 12% au candidat socialiste François Mitterrand.